Les inclusions rares du Miel de Fortune
Les comportements des fourmis (2/3)
 
Retour début du site
 

      Les modalités de capture par les coulées de résine et les comportements originaux des insectes, font de l'ambre un piège surtout sélectif.

      L'ambre nous livre en majorité des populations engluées vivantes. Les positions statufiées de nombreuses inclusions permettent de raconter des scènes de leur vie passé.

 

Le comportement fossile de trophallaxie

      Chez tous les insectes sociaux, le léchage, le toilettage, entre les individus crée une liaison communautaire forte. Le message que véhicule une nourriture prédigérée et imprégnée de substances hormonales donne une cohésion réelle au groupe, une cohésion qui distingue entre elles les colonies d'une même espèce.

      Le nourrissage par trophallaxie impose aux individus de se rencontrer.

      Dans cet ambre ukrainien, 35 M.A., deux fourmis sont restées en trophallaxie, figées sous une coulée mortelle de résine.


      La trophallaxie fossile des fourmis !

      La trophallaxie désignant (par "trophos" : nourriture et "laxis" : échanger) le nourrissage par échange entre individus est une disposition remarquable qu'ont les fourmis; une disposition liée à une organisation anatomique particulière que constitue le jabot social et un proventricule qui fonctionne comme une pompe.


      Lorsqu'une ouvrière est affamée, elle sollicite un échange alimentaire en s'adressant à un congénère dont le jabot est plein. Cette sollicitation se traduit par des petits coups et des caresses que la receveuse porte sur la tête de la donneuse. Le langage de la "demande" est réalisé à l'aide des antennes et des pattes.
Le langage des antennes de la fourmis affamée est accompagné d'une rotation de la tête qui pivote de 90 ° à droite et à gauche.


      Durant le rapport d'échange alimentaire les mandibules de la donneuse restent jointives. Cette fourmi, la donneuse, pour sa part n'agite pour ainsi dire pas ses antennes, le scape étant dirigé vers l'arrière.
Les mandibules de la receveuse sont largement écartées pour accueillir la goutte de nectar bientôt régurgitée (confer le fossile). La fin de l'échange alimentaire est précédé de battements des tarses des pattes antérieures chez les deux fourmis. Le comportement de trophallaxie (échange d'aliments liquides) n'a jamais été exposé à l'état fossile !
Ce fossile est absolument unique...


      Figés dans la pierre dans un instant d'une précision absolument inouïe !

      De tels instantanés du processus de communication intime entre les fourmis sont exceptionnels en paléontologie. Ces instantanés presque inconcevables (compte tenu des périodes géologiques écoulées) sont à l'origine de la fascination particulière et indéfectible qu'ont certains chercheurs pour les inclusions de l'ambre.
L'un des premiers entomologistes à s'être intéressé sérieusement aux fourmis présentes dans les gîtes à ambres de pays baltes fut le chercheur américain William Morton Wheeler. Pour publier sa monographies exhaustive (The Ants of the Baltic Amber) parue en 1914 à Königsberg, le myrmécologues examina 12.000 inclusions. Outre les morphologies, n'aurait-il pas été intéressant (plaisant) d'utiliser une trophallaxie fossile pour faire la couverture d'une telle étude ?

      Qui, à ce jour, a publié une image de trophallaxie ? Cette mention est un don magique de Dame nature...
(Découverte, collection, photographie Eric G. 1998).





Vous avez une question, une remarque ?
Participez au Forum de l'ambre





      Le comportement fossile de trophallaxie fossile (évoqué oralement mais jamais confimé par l'image) est validé ici dans ce fossile unique d'ambre par la position caractéristique des antennes qui sont encore dirigées vers l'arrière.

      C'est la fourmi du bas qui reçoit la nourriture, elle a d'ailleurs les mandibules encore ouvertes. Quelle émotion de découvrir, comme cela par hasard, lors du nettoyage d'un ambre, une telle scène pleine d'émotion.

      La position des antennes est donc un indice précieux d'un langage expressif. La lecture de la position des antennes est ainsi à rapprocher de celle des papillons...

Ambre ukrainien, 35 M.A.
      Le paléo comportement myrmécéen rapporté par l'ambre...

      Alors, oui. L'ambre offre aux myrmécologues (spécialistes qui étudient les fourmis) de véritables témoignages sur le mode de vie passé des ces animaux actuellement les plus nombreux sur terre.
Non seulement, la résine fossile précise les comportements sociaux antiques de plusieurs colonies parfois synchrones mais aussi le choix alimentaires des fourmis, leurs constructions, leurs parasites, et même leur "train-train quotidien" ; l'une des choses les plus rares et intimes que l'on puisse examiner chez les fourmis à l'état fossile est l'échange alimentaire et même le transport en tandem. Il est évident qu'une inclusion qui présente une position de ce type (une position éthologique remarquable, figée dans la pierre) est un cas fossile d'une extrême importance. Oui, c'est alors une découverte exceptionnelle !

      Dans le registre des beaux fossiles de fourmis, on peut par exemple, retrouver des positions d'alarme où l'abdomen d'une ouvrière est relevé à la façon d'un scorpion, et, plus étonnant encore, on peut apercevoir des positions de combats. Ces fossiles uniques (fruit d'une observation attentive de vingt ans) apportent de précieux renseignements qui permettent, petit à petit, de découvrir le niveau d'apparition des premières "sociétés" d'insectes.

      Il est assez curieux que les collections institutionnelles des fossiles d'insectes de l'ambre ne présentent pour ainsi dire jamais les positions éthologiques des spécimens. C'est comme si les travaux de recherches se limitaient aux seules descriptions morphologiques des spécimens antiques.






Une petite note aux collectionneurs - vendeurs
d'inclusions rares de l'ambre :
Les rapprochements entre
fourmis ne sont pas
forcément des
trophallaxies.



      Dans une pièce d'ambre, découvrir deux fourmis synchrones proches l'une de l'autre (à tel point qu'elles semblent se mordre les mandibules) ne constitue pas forcément la référence d'un rare comportement fossile de trophallaxie. Les fourmis peuvent en effet se rencontrer pour "parler", pour faire beaucoup de "choses"... Des choses qui ne sont pas forcément celles d'un échange de nourriture... Donnons ici quelques exemples (six mentions) extraits de la photohèque Insectes Art et Images.




 
1 - Combattre un ennemi.





2 - Transporter une jeune ouvrière de l'année lors d'un déménagement du nid en urgence.




 
3 - Déloger (manu militari) les nouvelles reines indésirables du nid.




 
4 - Transporter les cadavres au cimetière.





 
5 - Voler le couvain lors d'un raid.





6 - Identifier ses partenaires par l'odeur analysée par les antennes (léchage chimique).





Toutes ces activités présentés ici (où les fourmis se rapprochent) ne sont pas des
échanges alimentaires. Lire une VRAIE trophallaxie dans le registre de
l'ambre est donc rare. Et, l'expertise du fossile se fait
alors sur la position expressive des antennes.
Les
trophallaxies fossiles chez les
fourmis ne sont confirmées
(interprétées) que par la
position expressives
des antennes !!!









Les comportements avérés de trophallaxies sont
rares dans l'ambre. Seule l'observation des 4
antennes (des deux insectes)
démontre la scène...





Depuis 50 M.A. le comportement de trophallaxie !


C'est toujours la fourmi qui a les antennes en "arrière" qui donne la nourriture...





      Bien que les pucerons (nombreux dans le jeune érable) soient accessibles à toutes les fourmis, on constate que des jeunes ouvrières sollicitent préférentiellement les fourmis trayeuses d'aphidiens pour une trophallaxie. Le nourrissage par trophallaxie impose aux individus de se rencontrer ce qui soude le groupe par le message chimique contenu dans l'aliment liquide. Le comportement de trophallaxie est déchiffrable par le langage antennaire et c'est la fourmi la plus à droite sur l'image qui offre ainsi une goutte de miellat régurgité.


      Cette photographie, ci dessus, (réalisée le lundi 12 mai 2008 à 10h00 dans le secteur de Saint Brisson en Bourgogne) est extraite d'un travail d'inventaire des fourmis dans le parc du Morvan. C'est en réalisant un travail d'inventaire (des tertres des fourmis des bois et des fourmis rouges) espèces de plus en plus rares dans le parc du Morvan que cet échange alimentaire a été photographié.




Le comportement fossile le plus apprécié des collectionneurs
d'inclusions de l'ambre est sans doute celui
représenté dans cette pièce ci-dessous.



























L'essaimage, ci-dessous, (avec les reines ailées) est un autre
comportement très explicite observable chez les fourmis de l'ambre.









Nécessitant presque 5 ans de travail, le cd-rom
exclusif : Les fourmis est enfin disponible...


Incontournable : Le cd-rom les FOURMIS



- © 2002 Ambre.Jaune -

Contact E-mail Auteur : eric.ambre.jaune@hotmail.fr Contact E-mail Equipe technique :
ambre.jaune@free.fr