Se pourrait-il que cette inclusion "démesurément longue", ci dessous, (76 mm dans l'ambre) puisse être une antenne de crevette ? Certains détracteurs s'amusent, ... car ils réfutent l'idée même de la présence de crevettes dans la forêt d'ambre... Et, pourtant ces espèces EXISTENT REELLEMENT, sans aucun artifice, DANS PLUSIEURS AMBRES DIFFERENTS (baltes 50 M.A., birmans 100 M.A.)...











Si pour le néophyte, cette inclusion semble sans intérêt, ...



Une antenne (76 mm) de Malacostracé ? dans un
ambre de Pologne


...cette inclusion (portion incomplète conservée de 76 mm !) , démontre pour le
spécialiste
que les pièces les plus rares ne sont pas cantonnées dans le
registre des "gros et beaux moustiques succeurs de sang".











De longs appendices existent chez de très nombreux insectes, toutefois, ceux-ci n'atteignent jamais un diamètre millimétrique. Reste alors d'autre athropodes (terrestres) comme les mille-pattes et également des crustacés aquatiques et marins.

 

      L'inclusion ressemble ici à une antenne de symphyle, mais, ces myriapodes mesurent rarement plus de 10 mm et la portion d'organe fossile mesure plus de 7 cm !













      Originaire de Gdynia, (Pologne), cette inclusion, somme toute, d'interprétation difficile, provient d'une espèce encore jamais rencontrée dans un ambre. Mesurant 76 mm, l'organe incomplet (!) se replie vers l'intérieur de l'échantillon dans le sens des coulées. La portion filiforme est poilue, homogène dans toute sa longueur. C'est l'une des plus grande inclusion jamais observée dans un ambre balte.



      Les traces des Malacostracés (crustacés : homards, crabes, crevettes) dans l'ambre sont TRES rares ! Un petit gammare retrouvé dans un matériel balte (ci-dessous) et un crabe millimétrique Grapsidae, (voir plus bas...) est lui mentionné dans un ambre du Mexique...
Alors, avec cette découverte balte de 76 mm, est-on en présence d'une antenne de crevette (gammare), de crabe, ou d'écrevisse ?

 

Le gammarus est une petite crevette d'eau douce

(Le gammare est une petite crevette d'eau douce)...


      Concernant l'ambre balte, une unique crevette d'eau douce : Palaeogammarus danicus est mentionnée dans la littérature. (Confer Minéraux & Fossiles, N° 269, Premier Congrès Mondial de l'ambre, Eric Geirnaert, janvier 1999, page 27.)

      Le Grapsidae, crabe mexicain de 4 mm, mentionné par David Grimaldi (conservateur du musée de N.Y.) au premier congrès mondial des inclusions de l'ambre, reste précieusement dans une collection privée…

Crabe dans l'ambre du Chiapas

Représentation du crabe du Chiapas.
Inclusion évoquée par David Grimaldi au
premier congrès mondial des inclusions de l'ambre.








Mesurant 76 mm, l'organe est  incomplet !

Ambre de la Baltique (Gdynia) : détail de l'inclusion...



      J'ai échangé l'échantillon d'ambre contenant l'antenne énorme contre trois magnifiques ambres insectifères à un collectionneur polonais assez incrédule... Pourquoi porter sont attention à une inclusion aussi étrange ?...

      Cette inclusion est, somme toute, difficile d'interprétation, mais il est certain qu'elle provient d'un organisme encore jamais rencontré dans un ambre balte.
Enorme, et mesurant 76 mm, l'organe incomplet se replie vers l'intérieur de l'échantillon dans le sens des coulées. La portion filiforme est poilue, homogène dans toute sa longueur, sans variation d'épaisseur...

      Le "pédicule" (un support, généralement allongé et grêle) ressemble en beaucoup plus grand à l'organe post-abdomen de certains Pédipalpes (Amblypigiens, Classe des Arachnides).

      Mesurant presque 8 cm (!), c'est l'une des plus grande inclusion jamais observée dans un ambre balte; l'inclusion est totalement enrobée (en profondeur dans le sens du fluage) dans un ambre vraisemblablement originaire de Gdynia.

      L'inclusion organique est située à côté d'un insecte étrange, (voir l'image), s'il en est... Cet insecte pourrait être un diploure (Campodéidés ?) offrant une morphologie intermédiaire entre les Campodea et les Japyx ? On peut donc supposer que les coulées suintant de l'arbre n'ont pas respecté les principes habituels des sécrétions à même les branches. Formée certainement au bas de l'arbre, la résine aurait enrobé une dépouille lâchée par un prédateur, à moins que celle-ci n'ait roulé au sol poussée par le vent.
On peut aussi évoquer une racine brisée de l'arbre par laquelle la résine s'écoule remplissant alors une cavité souterraine où existerait la dépouille animale de cet organisme aux longues antennes. L'analyse taphonomique de la pièce d'ambre ne permet malheureusement pas de renseigner sur le scénario possible à l'origine du piégeage de la longue antenne et de cet insecte étrange...
L'observation des coulées internes de l'ambre semble suggérer le scénario d'un impact…

Quoi qu'il en soit, cette pièce balte est exceptionnelle; autant probablement que celle d'un petit crabe dans une sécrétion de légumineuse genre Hymenaea du Chiapas car nettement plus ancienne !…


Note : L'image de l'inclusion, (au format 24 x 30 cm), a été soumise à Monsieur André Nel, paléo-entomologiste au Musée National d'Histoire Naturelle de Paris, spécialiste des inclusions de l'ambre, le 6 juin 1998 en conférence à Creil, lors de la présentation du gisement d'ambre fossilifère de l'Oise...




Les "puces de mer" dans l'ambre !


Petit complément sur les
gammares de l'ambre.





 















Le piège de la résine a fonctionné dans l'eau
en capturant des organismes dulcicoles.


La science nous dit (par dogme) que la résine à l'origine de l'ambre était TRES hydrophobe (ici en introduction de ce document), ALORS TOUTE LA DIFFICULTE consiste maintenant à expliquer la présence d'organismes (complètement, résolument) aquatiques en inclusions dans la gemme, comme ce gammare MAGNIFIQUE identifié dans le matériel birman (ambre daté à 100 M.A.)...





Selon les propos des scientifiques (introduction dans ce document PDF) :



"Organisms living in aquatic habitats are not supposed to be found frequently
in fossil tree resin, such as amber, as it is a highly hydrophobic medium."




"Les organismes vivants dans des habitats aquatiques ne sont pas censés être
fréquemment trouvés dans la résine d'arbre fossile, comme l'ambre, car
constitué un milieu piège très hydrophobe."






  

A lire :

JOURNAL OF CRUSTACEAN BIOLOGY, 30(3): 413-416, 2010
AMPHIPODA FROM BALTIC AMBER


Copulatory behaviour amphipod


NEW Amphipoda in Baltic Amber






Dans l'ambre birman, 100 M.A.
d'autres inclusions étranges...













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