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L'Ambre jaune, un Fossile
contenant des fossiles...


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Présentation de l'Ambre, la résine
fossile de Jurassic Park







      L'ambre, rendu célèbre par le film Jurassic Park est une résine fossile dont la propriété, effectivement la plus remarquable, est de conserver hors du temps des organismes antiques parfaitement protéger. La conservation si "idéale" des organismes piégés dans l'ambre permet d'imaginer les histoires les plus audacieuses. Sur l'île d'Isla Nublar des scientifiques ont créé un parc d'attraction avec des dinosaures vivants clonés à partir d'ADN fossile extrait de l'ambre jaune. Le richissime homme d'affaire, John Hammond a développé un parc touristique d'attraction en exploitant le sang retrouvé dans l'estomac d'un moustique hématophage du jurassique. L'histoire est formidable. Mais, a coté de cette médiatisation filmographique, l'ambre a également une richesse culturelle et une fortune spirituelle laquelle a guidé l'homme depuis l'origine des temps...




L'Ambre jaune, la résine miel de
Fortune de Jurassic Park

 

L'ambre, une sécrétion antique de résine



      S'il est une substance naturelle ayant accaparé l'attention de l'homme dans tous les domaines depuis la préhistoire, c'est l'ambre jaune.

      Fossile contenant des fossiles, miel limpide empreint d'une valeur mythologique, écrin végétal apparemment fragile, la matière millénaire, utilisée en joaillerie, nargue les effets du temps, nous exposant ses inclusions extraordinaires.

      L'ambre jaune est né de la résine fossilisée des pins, tombée au sol dans les vastes forêts du monde depuis au moins le Trias (230 M.A.).
  
      Transformée en une substance douce, translucide et légère, l'ambre (oléorésine initialement fluide et donc sans grand avenir) est pourtant la première matière "noble" que l'homme préhistorique ait rencontrée...

      Les plus anciennes preuves que l'on ait d'une collecte par l'homme se situent aux alentours de 30.000 ans avant notre ère.

      Le dépôt de Wroclaw, en Pologne, daté de l'âge de Fer, a livré 1.500 Kg d'ambre brut répartis dans plusieurs fosses !




La première matière noble collectée par
l'homme préhistorique




Certaines de ces caches ont été interprétées comme des dépôts votifs du fait de leur découverte dans des marais. On peut penser aussi que l'endroit a été choisi pour empêcher le vol.








      Dès l'émergence de la culture et de l'esprit, les hommes préhistoriques ont regroupé ces objets, ces richesses devrait-on dire, et, très tôt, porté intérêt à l'ambre. Pourquoi ont-ils observé la nature jusqu'à y dénicher cette merveille ? Comment est né ce sentiment subtil pour cette matière ? Pourquoi la sensibilité "primitive" des premiers hommes a t-elle été marquée par ces objets ? Est-ce le simple attrait esthétique, la légèreté, la coloration, qui comblaient une curiosité ? Peut-être l'ambre brut leur semblait-il original et attrayant. Les courbes douces, jamais anguleuses, le contact chaleureux du matériau, bien moins froid qu'une autre pierre, a sans doute satisfait un "besoin primordial".


      L'ambre, comme isolant typique, restitue aux doigts la chaleur de la main. Le morceau paraît chaud au contact, caillou presque doux… Une douceur dont les premiers hommes avaient besoin, car le monde de la préhistoire faisait peur.


      Cherchant à surmonter leurs craintes face aux manifestations incompréhensibles de la nature, les hommes préhistoriques ont trouvé leur réconfort en des mythes surnaturels, acte matérialisé notamment au travers de dessins et d'objets rituels énigmatiques qu'il nous faut maintenant comprendre.





Des dessins énigmatiques qu'il nous faut comprendre...

Passez le curseur de la souris sur l'image
pour découvrir la seconde représentation.



      Les cartes de répartitions des découvertes d'ambre du Néolithique (3000 av. J.C. à 2200 av. J.C.) montrent que l'utilisation de l'ambre était concentré dans le nord de l'Europe sur et à proximité des sources d'approvisionnement. Les grandes quantités de matières, mise en formes ou non, retrouvées dans les habitats et les sépultures montrent que la succinite faisait partie de la vie quotidienne et qu'elle était le matériau de base pour la confection de nombreuses parures. Beck, Chantret et Sacchi en 1987 ont étudié les compositions des ambres de plusieurs gisements du Paléolithique supérieur; des découvertes occasionnelles de morceaux de résine fossile, façonnés ou non, trouvés dans des grottes…


      Les fragments d'ambre non travaillés de la grotte d'Aurensan dans les Hautes Pyrénées, par exemple, datée du Magdalénien, se sont montrés, après analyse, dépourvus d'acide succinique…








Figurine d'ambre de Juodkrante



      La découverte archéologique certainement la plus étonnante est celle du dépôt de Juodkrante - ex Schwarzort - en Lituanie, dépôt mis à jour à la fin du siècle dernier à une profondeur située entre 6 et 11 m, dans une carrière d'exploitation d'ambre. (R. Klebs 1882). Ce dépôt a fourni 434 pièces archéologiques dont cette figurine, devenue très célèbre !



      Les pièces qui ont été étudiées du dépôt Juodkrante -d'autres avaient été récoltées auparavant mais ont été dilapidées- se composent d'ornement achevés mais aussi d'esquisses. Les pièces d'ambre sont toutes remarquables par leur qualité de taille mais aussi par leur caractère. Les morphologies rencontrées et les techniques de décors laissent croire que ce dépôt a réuni le mobilier de plusieurs sites Néolithiques et de l'âge de Bronze.


      Les conditions de découverte - mise à jour par excavatrice, tirage à la main puis au tamis - font qu'il n'est pas possible de fixer la place des objets dans leur contexte stratigraphique.












L'Ambre, un fossile contenant des fossiles
qui raconte une Mémoire de Vie







Le livre de l'auteur




      L'ambre jaune, une matière de richesse qui transporte une mémoire.


      Si l'on considère le niveau de la réponse des arbres à l'origine des productions antiques énormes de résines et l'étendue considérable des aires de productions, on est obligé d'admettre notre ignorance des motifs de stress des peuplements forestiers.
Pourquoi une telle quantité d'ambre ? Quels étaient les arbres producteurs ?...


      Qui oserait dire qu'il est envisageable de construire un véritable répertoire analytique pour raconter entièrement l'ambre ? Le Monde de l'écrin de miel est l'un des plus fertile en contemplations de toutes sortes. D'aucun parmi les observateurs attentifs des inclusions fossiles de dire qu'ils étaient devenus des "connaisseurs initiés".
Etudiés depuis quatre cent cinquante ans, les gisements d'ambre de la Baltique apportent sans cesse leurs nouvelles surprises…



Un insecte d'un nouvel ordre ?

Voici une créature unique de l'ambre balte (Pologne, Gdynia), un
insecte étrange (12 mm) au carrefour de plusieurs morphologies.



      Cette inclusion fossile originaire de Pologne est insolite : L'animal semble porter des cerques rigides à l'extrémité de l'abdomen. Les yeux de l'insecte sont, semble t-il, formés par un "triplet d'œils simples"; les yeux sont absents ? Les antennes, lisses, sont manifestement élargies à leur base. Pour confondre cet animal, donnons la parole au célèbre entomologiste le docteur Oliver Zompro :
"Il est très difficile d'examiner l'insecte à partir de cette image ; la forme des antennes et les ailes(?) vraisemblablement semblent désigner un Hyménoptère. L'ombre qui empêche de distinguer clairement le flanc présuppose que cet animal pourrait être un membre du groupe des Hyménoptères, mais, rien n'est moins sûr.
Sincèrement."
Dr. Oliver Zompro


Un insecte d'un nouvel ordre ? ...
Ou un  Diploure géant ?



      Sur cette nouvelle image, l'attribution du spécimen au groupe des Hyménoptères semble assez douteuse. L'animal dont la morphologie rappelle vaguement celle du perce oreille (forficule) semble aptère. Les segments thoraciques sont individualisés. Les pattes sont terminées sans griffes bien apparentes. Ce trait rare, associé à une trace pour des yeux rudimentaires qui s'accompagne de la présence de cerques rigides en forme de pince à l'extrémité de l'abdomen permettraient, peut-être, de rattacher l'animal aux groupe des Diploures.
L'animal pourrait être alors un Campodéidés offrant ainsi une morphologie intermédiaire entre les Campodea et les Japyx ? Notons qu'il y a des Japygidés géants actuels qui peuvent avoir jusqu'à quatre centimètres de longueur.
Pour cet animal étrange, un début de réponse est proposé ici
Pourquoi un tel intérêt pour ces inclusions dont les morphologies archaïques soulèvent des problèmes ?


      Depuis 1915 aucun nouvel ordre d'insectes n'avait été identifié… L'entomologiste Oliver Zompro du Max Planck Institute of Limnology de Plön, en Allemagne, a identifi2 PAR HASARD? une créature unique de l'ambre au carrefour entre les phasmes, les mantes et les sauterelles. L'insecte, présumé disparu, Mantophasmatodea vit encore actuellement…


      Mais, à côté de ces attentions sur la valeur des inclusions, il faut reconnaître que l'ambre est depuis longtemps synonyme de "richesse" et cela dans toutes les acceptions du terme. L'ambre, sous le règne de Néron, représentait une monnaie utile pour acheter les esclaves.


      Les résines fossiles restent actuellement pour les pays de l'Est une matière précieuse que l'on thésaurise dans un enracinement mythologique. C'est en 1624 qu'apparaît la première mention dans la littérature de la récolte de l'ambre.


      Depuis cette lointaine époque la majorité des collectes n'a servi qu'à produire des bijoux ou objets d'art ; les croyances actuelles racontent que l'ambre nettoie et purifie l'organisme tout entier. Le "rayonnement intense" de cette pierre agirait sur les systèmes endocrinien et digestif. Les propriétés électrostatiques seraient alors bénéfiques contre la fatigue et la dépression, restaurant le goût de vivre en donnant le courage nécessaire pour surmonter l'angoisse et l'ennui de la vie.


      Tandis que l'ambre nous octroie des souvenirs qu'il nous apparaît important d'interpréter en congrès mondial, les recherches modernes (par lesquelles certains spécialistes semblent être capables de rendre la vie à des bactéries fossiles Bacillus sphaericus et Staphylococcus succinus 40 M.A.) semblent, enfin, s'accorder avec la vision d'Emmanuel Kant.


      Le philosophe allemand, 1724 - 1804, qui gardait précieusement à Königsberg un fragment d'ambre contenant un insecte méditait la possibilité de lire le message de vie des inclusions ; la pensée d'une phrase restée célèbre : "Oh si tu pouvais parler, petite mouche, tout autre serait notre connaissance du passé !".





Oh si tu pouvais parler, petite mouche...





      Présentant si clairement son passé, l'ambre, porté en bijoux, positionne l'homme devant sa responsabilité face à la disparition des espèces.


      Un ambre à inclusions est l'allégorie d'un respect qu'il faut trouver et maintenir. L'ambre présente ses fines tranches d'Histoire avec un souci du détail rarement égalé, de nombreux moments de vie dont l'exégèse n'est pas sans amener ceux qui les étudient à s'interroger et s'émerveiller.


      Par ses inclusions animales et végétales surprenantes de précision, cette matière de joaillerie semble nous restituer des messages énigmatiques qu'il nous ait enfin permis de comprendre.









La crise de l'ambre...





La situation de l'Ambre Jaune ?
C'est pas tout rose...
 


      Ramassé pour son éclat jaune et ses inclusions rares (notamment aquatiques, découvertes récemment), l'ambre végétal, le véritable Or du Nord des régions baltes est en crise.


      L'industrie côtière de l'ambre balte est l'exemple parfait d'un model annonciateur d'une faillite programmée, sans le moindre souci d'un quelconque développement durable. (A lire l'excellent article: Amber crisis in Sambia: today and 100 years ago. Zoja Kostiashowa 1999). Depuis un siècle, la région du Samland (Königsberg), au gré des appartenances et des rattachements politiques, (qui nécessitent de rebaptiser les villes) a connu un développement commercial irraisonné et chaotique basé sur la rentabilité exacerbée, au mépris du bon sens des autorités. Ces dernières ont constaté les fluctuations anarchiques jusqu'aux arrêts (toujours douloureux), tandis que les voisins profitaient de la manne d'un commerce lucratif, toujours basé sur la transformation des matières brutes. Avec les années fastes (1930), les récoltes sont énormes et saturent le marché intérieur. Sur les 700-800 tonnes d'ambre récoltées annuellement, 10 % des matières épargnées par la chimie, vont dans le circuit de la décoration et de la joaillerie. (C'est peu de dire que l'étude scientifique des inclusions n'est pas une priorité). Sans autre réserve, le brut disponible à profusion, est alors expédié à l'exportation... Tandis que l'industrie emploie 2.000 personnes, pour un gain annuel énorme de deux millions de dollars annuel, arrivent les années 1980... Les gains réalisés n'ont pas été accompagnés d'investissements. Les exploitations industrielles de brut (qui décapent le paysage côtier sur une hauteur de trente mètres) sont stoppées avec l'arrêt définitif des produits dérivés peu demandés et pas rentable, (distillation, huile d'ambre, acide succinique, peinture, laques, produits isolants).


      Le problème de fond du développement industriel et commercial de l'ambre balte n'est pas tans le marché et ses fluctuations mais bien la propriété du monopole, le comportement des personnes impliquées, les méthodes choisies et l'attitudes des autorités. Ce ne sont rigoureusement pas les ouvriers (que l'on voit sur les cartes postales) qui sont responsables de la crise de l'ambre! Non, c'est peut-être d'avantage l'esprit Stantien-Becker. Ces deux personnages ont racheté en 1860 les droits d'exploitation des mines dans une situation de gestion déjà mal engagée. Les règles de fonctionnement des seules entreprises géantes (sous contrôle soviet) ont ensuite méthodiquement préparé leurs faillites avec, pour épilogue, l'effondrement de l'URSS. Diplomates et politiques ont finalement regardé d'un œil surpris que cette économie de marché (à la débâcle) ne rapporte rien au trésor public et aux populations locales. La première phrase d'un rapport d'expertise récent est assez explicite:"Amber business in Prussi has lately acquired the meaning of an extremely acute problem", Artemij Vyvodcev (1998). Effectivement le problème est sérieux, même tragique. Entre taxes, monopoles, fuites à l'exportation et trafics en expansions, on raconte mille et une rumeurs sur le rachat des grandes firmes lors de négociations secrètes avec les membres du parlement... L'opinion publique doit ignorer le montant demandé de 10 millions de marks (A.V. 1998) pour redémarrer l'économie. Il faut relancer le secteur de l'ambre et "retrouver notre activité lucrative". Dans une telle situation, on comprend que l'examen des inclusions animales et végétales fossiles n'est encore pas le sujet crucial.


      Aujourd'hui, le libéralisme donne, par décret du 28 mai 1992 (J. Matockin), une nouvelle lumière à l'ambre, laquelle illumine déjà 300 licences qui cachent bien mal l'activité -dans l'ombre- d'une mafia décriée dans la presse en 1995. Avec Le Programme Russe pour le Développement de l'Industrie de l'Ambre, (The Amber Wave, Dr. Andrey Krylov, -dédicace utilisée sur l'image- bureau Sea Venture, ltd.) qui investi 100.000 $ sur 5 ans (Gorbaceva 1998), les autorités souhaitent améliorer le process d'exploitation des matières et impliquer d'avantage les acteurs dans la pharmacopée, l'industrie et la joaillerie... L'ambre jaune doit être considéré avec d'avantage de retenue pour la ressource.


      La prochaine étape pour sauver l'ambre serait peut-être finalement d'ouvrir les mentalités en imaginant des collaborations étrangères pour étudier les valeurs strictement scientifiques des inclusions. La publicité scientifique pourrait peut-être rendre un élan commercial mérité à notre matière irremplaçable, allez savoir...

L'idustrie de l'ambre, un complément de lecture ici


















La couverture du livreSuite de la présentation...



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