Se spécialiser dans les inclusions rares de l'ambre (1/2) ?

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Prospecter aux inclusions "rares" de l'ambre,... c'est porter son
attention aux choses infimes et minuscules... Le paysage
d'ambre est un nano-monde où la "grandeur" des
pièces n'est surtout pas corrélée à la dimension
centimétrique des objets... Au musée de la
pierre d'ambre, il faut savoir se
faire petit et humble...










C'est seulement la prospection du brut qui permet
de découvrir les pièces rares à uniques...















Les plantes carnivores de l'ambre sont rares...
Et, seule la prosppection du brut permet de découvrir de telles références...





- Rechercher les inclusions rares, c'est surtout porter son attention aux
formes étranges. Et, que réprésente cette chose étrage à "plumes" ???






La réponse est donnée ici et, la pièce est surtout
disponible à la vente chez Jacques Mangin...

 

      Ici les formations aux pattes de l'insecte de l'ambre qui pourraient faire croire à des contaminations d'un développement type champignon ou moisissure, sont en fait de vrais organes fonctionnels pour diffuser des kairomones (= substances chimiques attractives). Ce sont les mouches femelles qui lancent leurs parfums à destination des mâles. Ici les "plumes" aux pattes sont des diffuseurs d'odeurs !!!... Avec ce dispositif très performant, la mouche qui utilise ses "plumes aux pattes" (pendant le vol) diffuse une douce odeur d'amour dans la forêt d'ambre... L'observation des fossiles de l'ambre permet donc de mesurer les prouesses étonnantes de l'évolution suivie par les espèces antiques...




- Rechercher les inclusions rares, c'est surtout porter son attention
aux formes étranges. Et, que réprésente cette inclusion ?






      Rechercher les inclusions rares de l'ambre, c'est l'occasion de s'intéresser aux espèces emblématiques qui, déjà observées en détail, permettent de compléter les notions publiées dans les livres...



- Autre observation étrange... Que représente, ci-dessous, cette pointe
double avec des poils ? La lecture de l'inclusion est, au final, formidable !











Est rare ce qui n'est pas fréquent... Mais, le rare,... le TRES RARE (dans l'ambre) n'a pas forcément grande "valeur"...



      Avec l'ambre, le rare, (ou le désigné "beau"), c'est ce que l'on sait... (Indépendamment de l'argent investis). L'ambre n'a finalement que la valeur de l'histoire qu'il rapporte... Ce n'est pas l'argent donné dans une transaction d'un achat compulsif (cher) qui conduit la belle histoire nichée dans la résine... Il faut bien comprendre que les belles découvertes RARES de l'ambre se font au gré de promenades désintéressées et en s'abstenant surtout de chercher une chose en particulier. Et c'est en s'abstenant surtout de préméditer une découverte que l'on regarde tout, pour, finalement, TROUVER la petite chose rare bientôt exceptionnelle! L'essentiel n'est pas l'achat (cupide) mais bien la méthode de lecture des inclusions qui conditionne notre approche et notre méthode d'expertise. A chacun ses méthodes et la contemplation du rare pour tous...








Et, la même observation (ci-dessous) avec de la résine (mais sans eau)...





      Ci-dessus, cette lecture attentive de la position des éléments les plus infimes dans la scène d'ambre peut faire sourire certains, tant la portée d'une telle observation semble futile, insignifiante et inutile... "Pourquoi diable se triturer les neurones pour réfléchir à des choses aussi stupides que l'étirement d'un fil d'araignée ?" Les détracteurs qui portent leur attention exclusive au commerce rémunérateur des grosses inclusions (type lézards, fleurs et papillons) ne comprennent pas que l'on puisse examiner avec autant d'attention des bizarreries informes (sans valeur) devant la vente très lucrative des "grosses" inclusions rares... Réponse  : l'argent aveugle, c'est bien connu.

      Si l'on transpose la lecture logique de la scène d'ambre du petit vers le grand, si on change d'échelle, la méthode futile devient un outil intéressant. La taphonomie qui donne une interprétation à la position des éléments dans son décor en exploitant les conditions d'enfouissements peut jouer sa partition à grande échelle...Quittons les limites "futiles" du fossile d'ambre pour prendre celle d'un paysage naturel en réfléchissant sur la disposition des éléments solides disposés dans le panorama. La taphonomie peut intégrer les dossiers de l'archéologie impossible. La prise en compte des positions respectives des éléments solides dans un site dévasté permet de discuter de l'origine des catastrophes. Un glissement de terrain, une liquéfaction du sol, un tremblement de terre, un tsunami, une explosion (avec ou sans impact) déplace les objets selon une logique implacable... La taphonomie (des objets déplacés dans l'ambre par une coulée de résine) peut devenir un outil fondamental pour le géologue ou l'archéologue en restituant la topographie oubliée d'un site car ruinée par l'érosion et/ou la catastrophe. En appliquant la taphonomie (futile de l'ambre) aux ruines monumentales faites de pierres on peut retrouver le scénario originel des grands évènements (parfois cataclysmiques et brutaux) qui ont marqué notre histoire. Et, pour ce genre d'explorations passionnantes, la méthode de vente des lézards fossiles est assez futile... La méthode de lecture des choses rares (de l'ambre) est une approche très enrichissante pour de nombreux dossiers. Poursuivons, et, prenons d'autres références fossiles.








Les traces d'impacts conservées sur les surfaces des ambres peuvent avoir été faites par des graines
(qui tombent sous forme de "pluie") comme celles que l'on découvre en bas à gauche sur cette image.



















































      Dire qu'il est possible de se spécialiser dans les "inclusions rares", ne signifie pas grand choses. En l'état, les inclusions sont ce qu'elles sont. Rien de plus. La spécialisation n'est pas un confinement, c'est plutôt, pour l'ambre, une méthode, une volonté ou une intention de lecture... Il faut simplement être attentif, TRES attentif (confer la pièce contenant le lézard ci-dessous) et porter la focale vers des observations (étranges) parfois rigoureusement ignorées de certains. Outre les effets, comme les impacts, les rebonds, etc. (présentés ci-dessus), le panel de "biodiversité" repérable dans l'ambre, est infini. L'inventaire des espèces (faune et flore) qui existe dans les résines indurées est là, à disposition, depuis toujours, en dehors de l'intérêt récent qu'ont certains thésards pour la phylogénie des séries médiatiques... L'ambre est sans doute la matière qui supporte le moins les théories dogmatiques... Toutes les affirmations autoritaires concernant cette matière sont mises à mal lorsque l'on pose la focale vers les références limites contenues dans les gemmes. Devenir un "spécialiste" des inclusions rares c'est guerroyer pour tuer ces affirmations considérées comme incontestables... Au cœur de la gemme d'ambre, se spécialiser dans les inclusions "rares" (qui ne sont que ce qu'elles sont) c'est devenir le "cardiologue" des dogmes agonisants...







      Pour parler des inclusions précieuses de l'ambre que l'on collectionne : "est rare ce que l'on n'a pas et/ou ce que l'on ne voit pas"... Et, pour l'ambre, dès que l'on sait quoi et comment chercher, les choses rares (= "cachées" dans la gemme) deviennent plus fréquentes et gagnent en réitérations... Soyons logiques, on ne peut pas trouver ce que l'on ne connaît pas. Et, c'est bien là tout le problème... Des commerçants proposent souvent des pièces d'ambre à la vente en ignorant totalement le contenu particulier des gemmes... Pour ne prendre qu'un exemple médiatique, un vendeur (inconnu du grand public et maintenant sans doute dépité) a vendu à Monsieur Xing, une portion poilue de ce qu'il croyait être un végétal et l'inclusion s'avère être une queue emplumée de dinosaure !... Les portions de vertébrés, (rarissimes), le deviennent moins lorsque les prospecteurs connaissent visuellement ce qu'il faut examiner et qu'ils mettent alors en place des protocoles strictes pour filtrer les dites pièces intéressantes...







Le rare n'est pas toujours aussi visible que ce ver (rare !) et magnifique, centré dans
cet ambre gemme de 100 M.A. Le "rare" est plus souvent caché dans l'écrin jaune...







      Avec l'ambre, le rare, se cache parfois dernière un petit indice, un minuscule détail...

      Ci-dessus, c'est le repérage d'une bulle étrange, comme "structurée" qui retient l'attention de l'observateur curieux des choses rares de l'ambre. La forme "organisée" et anormale (qui fait penser à l'abdomen d'un insecte) n'est pas le fruit du hasard mais a été causée par des mouvements... Peut-être ceux d'agonie d'un petit organisme qui ressemble à un asticot... L'asticot, (petite forme tubulaire fine), est maintenant situé le long des nervures de l'aile du moustique. Le plus intéressant serait de vérifier si l'animal n'est pas un parasite sorti du thorax du moustique... Ce qui ferait de ce fossile un ambre finalement rare... L'observation des anomalies procède étape par étape, avec l'acquisition d'informations nouvelles qui conduisent vers d'autres explorations pour aller finalement scruter des notions autrement imperceptibles. Reprenons je jeu de piste : l'anomalie d'une bulle "structurée" démontre un mouvement, lequel est peut-être causé par un ver, qui, lui, suggère que le moustique pouvait être parasité...
Les parasites (souvent ingorés des observateurs, tant ils sont difficile à voir) étouffent toujours après la mort de leur hôte qui tombe au piège de la résine. On peut supposer que l'asticot étouffant à la résine a essayé de sortir par les pièces buccales du moustique, (d'où la bulle étrange) puis, n'y arrivant pas, a trouvé la sortie par une rupture au niveau du thorax... En tenant un ambre insectifère, il ne faut rien inventer, il faute regarder attentivement les détails. Puis il suffit de lire pas à pas les indices qui conduisent la logique d'interprétation des inclusions... Localiser le rare dans l'ambre n'est au final que le résultat de l'acuité de la lecture déductive des éléments traces, ni plus ni moins...



Le petit détail qui peut passer inaperçu...
















































      Sans dévoiler tous mes secrets (je souhaite garder un peu d'avance sur mes détracteurs et notamment les faussaires qui fabriquent des faux imitant l'ambre), on peut lire des choses incroyables dans l'ambre. La preuve en image ci-dessous. En appliquant certaines lumières spéciales DANS la gemme, il est possible de révéler le fluage, les écrasements et les expansions autrement imperceptibles... La lecture des effets dynamiques (toujours conservés) dans la gemme permet de comprendre le piégeage et parfois même d'expertiser la dépouille comme ici qui correspond à une portion de vertébré.













      Appliqué aux ambres natifs, mon petit secret révèle la dynamique des impacts, le fluage profond et la puissance des différents éléments dynamiques survenus dans le scénario du piégeage. En tenant cet outil merveilleux de lecture, le moindre échantillon insignifiant (sans aucune valeur commerciale) peut devenir une référence extraordinaire. Ci dessous, l'ambre natif montré en vignette, n'a vraiment rien d'extraordinaire. L'échantillon a une croûte informe, une pellicule grise "inutile" qu'un commerçant enlèvera sans doute rapidement pour rechercher la présence éventuelle d'inclusions plus rentables en profondeur... Quel dommage !!! Si l'on porte son attention attentivement, la pellicule grise peut révéler ses secrets et devenir une fresque expressive en révélant par exemple la présence (fantôme) de fourmis fourrageuses dont on peut raconter les préoccupations ! Je ne connais aucun collectionneur / vendeur d'inclusions d'ambres ou même d'auteur qui ait mentionné ou publié d'images expliquant l'exploration optique des surfaces. Les commerçants grossistes de l'ambre insectifère pratiquent pour l'essentiel le polissage automatique au tambour qui consiste à déposer les échantillons natifs dans un caisson mis en rotation par un moteur où une pâte abrasive associée à des petits cubes en bois centimétriques abrasent les ambres en les débarrassant de la pellicule scoriacée extérieure. L'exploration et l'interrogation des surfaces des ambres (riches en renseignements précieux) est donc un domaine vierge ignoré de la science. Et, c'est alors la promesse d'un voyage de découvertes accessibles à chacun...








Pour dénicher le RARE dans l'ambre, il faut examiner ATTENTIVEMENT
les échantillons... Ci dessous, dans cet ambre balte, une dépouille de
lézard juvénile est "cachée" entre deux coulées diurnes de résine !


 







Contact Auteur :
eric.ambre.jaune@hotmail.fr


Une observation détaillée
des pièces rares !




      Examiner le brut (ou même les échantillons nettoyés des confrères proposés à la vente) nécessite de se préparer "mentalement". Lorsque l'on souhaite passer au crible de la loupe l'observation attentive de tous les échantillons d'un lot, (même les ambres parfois opaques avec une couche scoriacée extérieure épaisse), il faut vraiment et SURTOUT ne pas avoir la moindre référence en tête. Il ne faut avoir aucune image péméditée qui va encombrer la lecture des échantillons. Il faut vider son esprit des références que l'on recherche. Il faut se focaliser sur les variations de nuances observées dans la gemme en profondeur et rechercher en même temps les lignes de contours qui ne correspondent pas aux lignes de fluage données par le courant. Il faut scruter, fouiller dans le détail, rigoureusement toutes les "nuances" et les lignes et ne pas décrocher même lorsqu'une "référence" (gros moustique) apparaît.

      Rechercher les inclusions de l'ambre, EXPLORER la gemme, nécessite une attention réelle et soutenue. Il faut par exemple (ci-dessus) discerner la mue de lézard à côté de la pomme de pin... Deux choses rares peuvent s'effacer l'une l'autre si votre regard s'évapore à la première référence identifiée. Si toutes les inclusions sont expertisée et listées, dès lors, certaines pièces deviennent alors plus prestigieuses que d'autres...








Se "spécialiser" dans les inclusions rares de l'ambre
nécessite d'avoir une méthode de classement pour permettre une
lecture particulière (que l'on peut appeler "lecture horizontale")
des échantillons... Rien de bien compliqué, mais ce
sont quand-même deux notions fondamentales.

      Collectionner les ambres à inclusions nécessite de trouver rapidement une méthode de fonctionnement.

      Dès que l'on collectionne les ambres à inclusions... Les choses peuvent aller TRES vite. Si on vous livre un lot brut, vous pouvez vous retrouver devant des dizaines de pièces intéressantes (voir des centaines) et la problématique d'un classement qui permettrait une synthèse peut vite vous devenir très compliquée. Prenons un cas d'école. Tout commence doucement, c'est vrai, mais à partir d'un certain nombre la difficulté démarre... pour devenir exponentielle... Prenons comme hypothèse que vous avez 60 pièces d'ambre devant vous, sur la table... Si on regarde chaque pièce, on peut faire en moyenne 5 remarques, plus ou moins différentes :"tel insecte est disposé de telle façon, tel effet d'écrasement est consécutif à la pesanteur, etc." Donc, cela fait déjà 300 remarques potentielles en vrac... Si l'on imagine que vous vouliez faire une synthèse d'un sujet particulier, peu importe le sujet, disons qu'il y aurait 27 références dans les 300 qu'il faudrait retrouver pour faire le tour complet de la question... Et, toute la difficulté est là... Comment retrouver ces 27 références? A moins d'avoir la mémoire absolue des choses, il est très difficile de retrouver les sources dans des ambres qui ne seraient pas numérotés ou classés. Les inclusions ne pouvant pas êtres séparées les unes des autres, les échantillons constituants tous des regroupements indivisibles (particuliers), il faut inventer une méthode pour capitaliser les informations. Une méthode possible comme montré ci-dessous peut consister à découper un petit papier de la surface de l'échantillon d'ambre, sur lequel on dessine les inclusions... On numérote le papier joint évidemment à la pièce d'ambre, lequel, sera rangé dans une pochette plastique translucide qui ferme hermétiquement (pour limiter l'altération à l'air), puis, sur une feuille séparée, -une feuille par ambre numéroté-, on rédige ses remarques avec des schémas et des annotations... De cette façon les références sont plus accessibles et on peut alors faire une lecture plus horizontale des lots... (UNE LECTURE HORIZONTALE des lots d'ambre !!!!) Avec le temps, il faut inventer sa propre méthode d'exploration pour capitaliser les notions observées dans chaque pièce. Dans le meilleur des cas, CHAQUE AMBRE doit être séparé des autres et mis dans une pochette plastique fermée en faisant autant que possible le vide d'air. C'est à ce prix qu'une collection reste exploitable pour construire des observations de plus en plus détaillées et alors intéressantes...






      Collectionner "avec méthode" pour retrouver ses petits...

      Si vous commencez une collection, (après les conseils donnés ici ), les choses peuvent s'enchaîner très vite (et la passion aidant) vous risquez fort de vous retrouver devant l'inextricable problème de la classification des pièces. Ranger les échantillons par époques géologiques, par provenances géographiques, par lots récoltés sur le terrain, par thème, ou, selon l'inclusion prépondérante (si elle existe) n'est pas totalement satisfaisant... Comment classer les ambres ? Comment ranger les échantillons si hétéroclites pour retrouver facilement toutes les observations faites ? Dégrouper les échantillons d'un même lot en différents groupes par rapport à la famille de l'inclusion prépondérante n'est pas la bonne méthode. Comment classer un échantillon qui possède plusieurs inclusions intéressantes ? Il n'y a pas de solution miracle, mais, certaines méthodes sont efficaces. L'idée consiste à dessiner (comme montré ci-dessus) une petite carte "géographique" de l'échantillon, carte papier sur laquelle vous représentez toutes les inclusions... Puis, cette carte d'identité étant numérotée, vous pouvez la dupliquer facilement pour la faire entrer dans différents classements, autant de fois que vous voulez. La carte ira dans le classement des fourmis, celui aussi des fleurs, et pourquoi pas dans le registres qui s'intéresse aux imprégnations des roches encaissantes. Bref, vous dupliquez la carte autant de fois que la pièce nécessite de le faire selon les intérêts du fossile. L'idée sous jacente de cette méthode est d'exploiter une lecture horizontales des échantillons. Je m'explique.

      On peut prendre une méthode assez "idiote". Par exemple, si vous découpez les inclusions de l'ambre pour les coller sur des lames de microscopes, vous isolez irrémédiablement les espèces les unes des autres et vous obtenez alors une série linéaire qui peut supporter un classement numérique ou alphabétique.
Mais, en appliquant cette MAUVAISE méthode vous perdez irrémédiablement et fondamentalement toutes les notions de coalescences et les informations des syninclusions.

Autour d'une fleur il y a là plusieurs insectes piégés. N'y a t-il pas dans ce petit cortège un butineur ? Toutes les notions importantes de la biotique (toutes les interactions biotiques) sont construites sur les relations intimes entre groupes d'individus et d'espèces. Séparer tout le monde risque fort de dégrader la lisibilité du paysage d'ambre. Exploiter la présence synchrone de certaines espèces puis scruter les variations sur d'autres échantillons permet de faire des découvertes fondamentales (tant sur les espèces elles-mêmes que sur la spécificité du piège). Avoir une lecture transversale des tous les échantillons observés, utiliser la taphonomie, renseigne beaucoup plus qu'un examen circonstancié des morphologies et des organes d'un insecte (isolé). De toutes les façons la lecture transversale n'interdit pas de poser une focale sur un sujet particulier. Par contre, la préparation des échantillons en lames minces ruine complètement et définitivement la lecture horizontale. Pourquoi les collections institutionnelles sont faites en lames minces ? (Rires). La fragilité "dogmatique" des échantillons n'est pas un argument... Préserver (spécialement !) les échantillons fragiles se fait autrement qu'en découpant les fossiles en tranches ou en déposant les matières dans des pastiques Epoxy.



Présentons, ci dessous, l'exemple d'une lecture horizontale des échantillons
d'ambre où c'est précisément la présence synchrone de plusieurs
(syn)inclusions qui permet de résoudre une identification. Si
les inclusions sont isolées les unes des autres, on ne
comprend pas. Mais en appliquant une observation
horizontale tout devient très clair.


















Appliquons une lecture horizontale des
ambres pour résoudre une identification.

 

      Ci dessous, ces magnifiques petits boucliers, concaves, translucides et constellés d'étoiles, présents parfois en nombre dans l'ambre, sont l'allégorie d'un insolite, qui, finalement guide le collectionneur à n'examiner que les inclusions étranges pour découvrir l'exceptionnel. Présenté aux spécialistes, ces formations rares de l'ambre (voir l'image ci-dessous) sont restées sans interprétation. L'un y reconnaît qu'un bien mauvais "pollen", l'autre n'y voit rien...
Et, pourtant. Et pourtant, un indice intéressant, ce sont les fourmis qui m'interpellent. En retrouvant d'autres pièces fossiles, les fourmis sont encore là à coté des étranges boucliers... Elles sont donc piégées avec ces inclusions. Pourquoi diable des fourmis iraient inspecter ces objets ?






      En examinant plusieurs fossiles on remarque que les fourmis sont souvent piégées avec ces inclusions, et, certaines portent même une attention toute particulière aux structures. Pourquoi diable des fourmis inspectent ces objets ? A quoi correspondent donc ces étranges inclusions ?



La première personne, qui, dans un délai de 10 jours à compter du 23 septembre 2010 donnera la bonne réponse par e-mail recevra par courrier, gratuitement, un ambre insectifère.
Malgé de bonnes réponses données à plusieurs reprises par Olivier R., le lot a finalement été remporté par Marc V. et, les inteprétations sont données dans la page web du site Ambre.jaune qui consacre les vertébrés de l'ambre.






Pour expertiser les objets transportés par les fourmis, il est intéressant
d'étudier les comportements des fourmis de l'ambre.



Tout se passe comme si un singe par
exemple avait frotté ses aliments
contre un arbre pour enlever
les écailles indigestes...












      Le 29, septembre 2010, mon confrère espagnol, Olivier R. (peut-être au hasard)?, a trouvé une grande partie la réponse.

      Voici donc la solution à la question posée.

      Grâce à l'ambre, la couleur du vêtement fossile des espèces antiques n'aura bientôt plus de secrets. En octobre 1998, (au moins l'époque du premier congrès mondial des inclusions de l'ambre), le dogme voulait -et imposait- que la fossilisation dégradait les pigments. On affirmait de façon unanime que les pigments, trop fragiles, ne pouvaient pas être conservés au-delà de quelques dizaines de milliers d'années. Mais les insectes fossiles polychromes existes nombreux... Mais, les dogmes tenaces ne sont-ils pas inventés pour vivre et finalement mourir pour montrer alors que la science progresse ? Les pigments existent dans l'ambre. Outre les insectes coutumiers dans la résine, il est très intéressant de découvrir des cellules pigmentaires dans l'écrin jaune. En septembre cette année (2010), je (re)trouve une inclusion fossile de l'ambre du plus grand intérêt! Des sortes de frêles paillettes, (des paillettes qui ressemblent à des petits boucliers constellés de points sombres) apparaissent en nombre dans plusieurs échantillons bruts. Et, ces paillettes sont en fait marquées par des mélanophores. Si les mélanosomes sont des cellules qui produisent de la mélanine, les mélanophores sont des cellules (spécifiques en forme d'étoile) qui stockent le pigment. Si des mélanosomes ont d'ores et déjà été retrouvés en dehors de l'ambre sur des plumes fossiles, (Jakob Vinther et ses collègues de l'université Yale, New Haven, Etats-Unis), découvrir ici des mélanophores dans l'ambre est du plus grand intérêt! Et, cette inclusion absolument géniale, pourrait bien être une TRES PRECIEUSE mue de lézard !

      C'est en questionnant les bizarreries que l'on prend l'option de soulever le voile sur des choses intéressantes. Et, les inclusions de l'ambre ont cela de bien qu'elles sont distribuées (avec la même fréquence) à chacun. Certains spécialistes ont eu ces objets précieux dans les mains sans leur porter d'avantage attention. L'ambre alors examiné par des collectionneurs attentifs nous offrira t-il le rêve de nous restituer tout un monde antique disparu en couleurs ?
Voici ici un commentaire de l'inclusion...


Questions posées à Monsieur Romain Garrouste.
-Dans un lot d'ambre brut de l'Afrique de l'est j'ai déniché ce que je crois être des mélanophores de lézard -et peut-être également ceux d'un caméléon-, et, aussi ce je crois être une griffe de caméléon (avec tendon et veine, images 1 et 2)... Peut-on confondre (même grossièrement) l'animal antique à partir de restes aussi partiels ? Que peut-on dire au niveau éthologique des espèces pour expliquer ces découvertes de mélanophores dans la résine ? Peut-on tirer des informations d'une lecture éthologiques de quelques animaux actuels homologues pour comprendre d'avantage les fossiles photographiés ?

-Bonjour, merci pour votre message. Vos échantillons semblent en effet très intéressants. Pour aller plus loin dans l'expertise il faudrait que vous puissiez me confier ces spécimens. Nous avons maintenant des techniques d'études non invasives qui permettent d'aller plus loin que l'observation optique, c'est avec plaisir que je pourrai faire cette étude. Ces résultats, notamment des informations physico-chimiques, nous orienterons sur les scénarios possibles pour comprendre ces curieuses inclusions.
Dr Romain GArrouste, hdr. MNHN/DSE/ UMR 7205 .




Voici le détail d'une écaille noyée dans l'ambre, ici, parfaitement conservée...
Ces formations étranges de l'ambre ne sont-elles pas formidables ?






Autre pièce intéressante du lot de brut. Les restes d'une dépouille d'un lézard de
la même espèce (parasitée par des nématodes) sont inspectés par des fourmis.





Attention, les confusions sont possibles.




      Attention, les interprétations ne sont pas faciles, et, les confusions sont possibles. Bien évidemment, l'analyse des inclusions -dites rares- de l'ambre nécessite une attention soutenue et pointilleuse. Le collectionneur novice risque fort de confondre quelques structures végétales (composées en écailles disposées en plan ou structurées autour d'un axe) avec l'épiderme d'un lézard, lequel, sera (avec de la chance) confirmé par la présence d'un doigt...
L'image ci-contre à gauche et ci-dessus également à gauche, ne sont que des portions végétales... Ressemblant parfois à un doigt de lézard, la sorte de mousse épiphyte peut se ramifier... Les lignes régulières en arc de cercle sur les écailles sont caractéristique de la plante...






Le rare de l'ambre est donc accessible à chacun. Mais, finalement
c'est l'interprétation qui fait la valeur, la rareté, l'unicité, et, dans une
certaine mesure, également la beauté de la pièce...





      Cependant, il n'est pas forcément facile de donner une interprétation à toutes les inclusions. Donnons un exemple. Voici une mouche rare, pour l'instant sans interprétation. Rappelant un peu nos Limnophora européennes ou nos Syrphidae, rayées, jaune et noirs, (que l'on confond avec des guêpes), cette belle mouche extraite du registre des fossiles de l'ambre est sans indentification pour les moment. Dire que le spécimen est rare est un euphémisme... A ma connaissance cet insecte resté coloré est un représentant unique. Alors, est-ce une nouvelle espèce ?





Les collections d'ambre sont surtout esthétiques



      Concernant le matériel balte, 1 échantillon sur 1.000 environ est insectifère. Ce chiffre (faible!) surprend nécessairement les collectionneurs qui appréhendent l'ambre aux seuls lots des commerçants. Mais, il faut savoir que l'ambre collecté (jusqu'à 700 tonnes annuellement dans les années 1930 pour la région de Palmnicken - Samland) est souvent opaque et sans insectes.

      Ceci dit, un insecte piégé dans l'ambre est donc, dans une certaine mesure, une "rareté"... Pour le modèle balte, on suppose que 80% de la production de la résine originelle se faisait dans le tronc ou sous l'écorce de l'arbre, (donc sans possibilité immédiate de piéger des animalcules aériens). Ces résines, nées à l'intérieur de l'arbre, sont souvent troubles. Seules les sécrétions extérieures (les vraies coulures) sont limpides, peut-être en rapport avec le rayonnement du soleil dont l'effet aurait évaporé la sève (formée essentiellement d'eau) qui, lorsqu'elle reste piégée dans la matrice, développe durant le processus de fossilisation des effets (halos, nuages) blanchâtres formés de petites bulles de gaz qui migrent toujours du centre de la gemme vers l'extérieur de l'échantillon.

      Après de si nombreuses années d'échanges et après avoir examiné tant de pièces de collection, je serais bien incapable d'estimer la fraction initiale de brut qui correspond aux matières insectifères que j'ai exploré. Le regroupement numérique de nombreux fossiles rares et uniques dans un ouvrage ou dans un site Internet dénature les rapports et les proportions de ce que l'on imagine pouvoir trouver naturellement dans la forêt d'ambre. Pour le matériel balte, j'ai examiné des lots destinés à l'industrie, mais, également des assortiments de seconde main et de troisième main, réunissant des pièces authentiques (que les conservateurs de musée auraient vraiment du mal à imaginer). Les très belles pièces fossilifères baltes existent (au marché parallèle!) Dès que l'argent montre le bout de son nez, les réseaux commerciaux prospèrent. Et, concernant l'Or du Nord, les belles inclusions vont surtout aux collections privées plus qu'aux musées. C'est en montrant patte blanche (c'est-à-dire la couleur d'un bel ouvrage de référence sur l'ambre) que les portes se sont enfin ouvertes me permettant de me rendre compte -après coup- de la réalité des choses... Spécialiste pour identifier les contrefaçons, je suis aussi capable d'apprécier les belles inclusions, et, elles existent! Dans les publications qui cataloguent les pièces muséales, (G. O. Poinar, D. Grimaldi, Wolfgang Weitschat & Wilfried Wichard, Adolf Bachofen-Echt, Jörg Wunderlicht, Sven Gisle Larsson, etc.) pour ne citer que ces quelques auteurs, des rectifications importantes pourraient être apportées concernant les pièces prestigieuses. Attention, ne jetons pas la pierre à ces auteurs, on ne peut exposer ou commenter que ce que l'on voit. Mais, les belles pièces sont vraiment plus nombreuses que ce à quoi peuvent penser les spécialistes (même les plus débridés).

      Avec l'ouverture des frontières des pays de l'Europe de l'est (qui facilite le commerce) une diversité inattendue de petits fossile (parfois insignifiants) vient apporter des révisions sérieuses aux publications. Je regrette ne pas avoir pu jouer le rabatteur pour une institution (toujours frileuse) et en retard sur son époque.

      En intégrant les réseaux, en utilisant Internet, en produisant de belles images et en associant les personnes motivées, (elles existent), il est finalement possible de monter un projet intéressant à moindre coût autour de l'ambre. Il est facile de combler le déficit d'image et de communication qui existe chez nous (et grève par exemple, l'activité de nos confrères qui, peut-être, ont trop œuvré dans des réseaux fermés).
Le Docteur Andrey Krylov, du bureau "Sea Venture", qui travaille au programme russe pour le Développement de l'Industrie de l'Ambre, "The Amber Wave", a commenté (1998) les problèmes généraux autour du commerce lucratif de l'ambre en estimant les opportunité d'une communication ouverte où les intérêts pluriels pourraient relancer la vie de l'ambre, pour l'instant sur le déclin. Où en sont les projets français relatifs à l'ambre (commentés il y a déjà quelques années)

      Le site Internet Ambre.jaune fête ses dix ans et s'étoffe, -seul?, difficilement?!...- Attendons alors les collaborations, sérieuses, et, désintéressées.







L'œil nomade du naturaliste curieux explore surtout
les inclusions
étranges, source de découvertes
souvent passionnantes !






Alors, avec les informations données précédemment, et, sans faire
de confusion, à quoi correspond cette inclusion étrange ?



      C'est en privilégiant, les inclusions étranges, les insectes bizarres, les arthropodes insolites, les sortes de végétaux figés dans un "comportement" curieux, que l'on peut potentiellement faire les découvertes les plus intéressantes... Ce n'est sans doute pas le gros insecte identifié, (l'insecte parfait, idéalement centré dans la pierre, gemme d'ambre, proposé à la vente à 100.000 $), qui offrira les surprises les plus nombreuses...

      Et, à l'inverse, c'est en développant une curiosité réelle pour les inclusions insolites (souvent minuscules), c'est le cas ici, que l'on interroge l'ambre aux frontières de nos connaissances.
Prenons encore deux exemples...






Les inclusions rares, les inclusions uniques de ce type, sont le résultat, et seulement le résultat d'une prospection
patiente et attentive. Le rare, -le beau- pour la collection est distribué à la même fréquence dans tous
les lots de bruts... Le hasard distribue les inclusions exceptionnelles de façon homogène.
Juste de la patience, et, au final, la jolie découverte. ...
  










      Second exemple, quel est donc cet animal aux antennes si étranges ?
Quelle est cette pince droite à l'extrémité de l'abdomen ? Quelle est cette espèce ? Est-ce une sorte de perce oreille centimétrique ?! L'animal est piégé à coté d'une structure organique énorme qui ressemble à une antenne de crevette... Menons l'enquête pour identifier cet animal étrange…



Un animal étrange ?!

Voici une créature assez unique, piégée dans un ambre balte
(Pologne, Gdynia). L'animal étrange (12 mm, sans les
antennes) est au "carrefour" entre
plusieurs morphologies...





      Cette inclusion animale est problématique pour les spécialistes. (Citons Oliver Zompro, ce chercheur à identifié en 2002 le dernier ordre d'insectes découvert par des inclusions de l'ambre).

Pour confondre cet animal, donnons la parole au célèbre entomologiste le docteur Oliver Zompro :
"Il est très difficile d'examiner l'insecte à partir de cette image ; la forme des antennes et les ailes(?) vraisemblablement semblent désigner un Hyménoptère. L'ombre qui empêche de distinguer clairement le flanc présuppose que cet animal pourrait être un membre du groupe des Hyménoptères, mais, rien n'est moins sûr.
Sincèrement."

Dr. Oliver Zompro



Un insecte d'un nouvel ordre ? ...
Ou un  Collembole géant ?   
Vous pouvez cliquez sur l'image pour voir une photographie plus grande.



      Sur cette nouvelle image, l'attribution du spécimen au groupe des Hyménoptères semble assez douteuse. L'animal dont la morphologie rappelle vaguement celle du perce oreille (forficule) semble aptère...

      Et si cet arthropode balte ressemblait aux collemboles Arthropleones, ce pourrait-il qu'un Thomoceridae si énorme puisse exister ? Le spécimen piégé dans la pièce d'ambre, sans les antennes, mesure 12 mm, c'est énorme... Quelques mots sur les collemboles.




      Les collemboles, insectes primitifs, sont certainement à tout point de vue les "insectes" (*) les plus intéressants. 10.000 livres (ou articles n'exagérons pas) pourraient être écrits sur leurs comportements et leur biologie. D'une variété incroyable et d'une extension universelle, ces êtres minuscules d'à peine 5 millimètres de long sont à tout point extraordinaires. Ils n'ont ni ailes, ni appendices génitaux externes (cerques). Les collemboles ne possèdent que 6 anneaux abdominaux. Autre particularité : ils ont 3 appendices abdominaux de forme spéciale qu'on ne rencontre chez aucun autre insecte.
Le premier est un appendice bifurqué (à 2 dents) qui peut se détendre vers le bas et l'arrière et qui permet à l'insecte d'exécuter des sauts considérables. Placé sur le quatrième anneau abdominal, ce furca (ou furcula) au repos est maintenu le long de la face ventrale par un second appendice également bifurqué mais beaucoup plus petit, (c'est le rétinacle) où il s'accroche solidement. Le troisième appendice (sur le premier anneau abdominal) a fait l'objet de longues discutions entre les zoologistes. C'est une sorte de tube d'où peut s'évaginer un sac double (ou deux sacs séparés) qui sert au collembole après le saut à s'accrocher sur une surface lisse. Le collembole peut aussi l'utiliser pour boire et respirer. Et chez quelques espèces où le tube ventral est spécialement long, il est utilisé par l'insecte comme une langue pour faire sa toilette. Des expériences sur un plan d'eau ont montré que certaines espèces de collemboles se dirigent vers les zones aux contours sombres de l'horizon, selon une progression d'abord en zigzag et finalement par sauts orientés. La source sombre représente en fait une feuille sur laquelle l'insecte peut s'installer et quitter le plan d'eau, cette source doit avoir de 8 à 10° de large. Avant de commencer cette fuite au rivage, l'insecte décrit jusqu'à 20 demi-cercles pour intégrer le panorama. Ses 16 petits yeux élémentaires ont un angle d'ouverture de 40° mais leur champ visuel s'entrecoupe de telle façon que la capacité visuelle intègre tout de façon très compréhensible. Les collemboles ont une vue originale, et de fait, ils savent viser en sautant !
Il est ainsi surprenant, connaissant le comportement et l'acuité des espèces actuelles de découvrir ces animalcules dans l'ambre...

      Parlons maintenant des constructions. Subisotoma variabilis travaille à la manière d'un petit architecte, il colle les uns aux autres les paquets cylindriques de ses propres excréments de telle façon qu'il arrive à former des galeries fermées parfaitement symétriques pour vivre dans un foyer 'personnel' admirablement clos. Il se protège ainsi de la sécheresse, en bénéficiant d'une atmosphère propre (très propre) = humour.

      Tous les alpinistes, ou presque, connaissent isotoma saltans, la puce des glaciers qui apparaît en une telle densité que la neige fraîche semble couverte de suie. Et savez-vous ce que mange la puce des glaciers ? Mais, tout simplement des grains de pollen transportés par le vent ! Le spécialiste des collemboles E. Handschin décrit dans un massif des environs de Bâle : "Une prolifération massive de Hypogastrua longispina le 27 janvier 1924 sur le versant de l'Isteiner Klotz s'étendit pendant 14 jours le long de la pente d'un petit chemin creux. En bas du talus du chemin haut de 50 cm environ, murmurait un ruisselet d'eau de fonte des neiges qui descendait d'une colline plantée de vignes. Sur environ 150 m, le talus était entièrement recouvert des animalcules et ceux-ci dégringolaient sans interruptions, comme des grains de pavots, dans le petit cours d'eau où ils formaient une couche épaisse de 5 à 8 cm d'épaisseur. On pouvait en puiser des kilogrammes et, pour répondre aux nécessités pressantes du moment, on essaya même d'en tirer de l'huile. On peut estimer à 5 milliards le nombre des animaux ayant participé à cette migration."

      Enfin, la parade nuptiale. L'animal est dit primitif dans le sens où il laisse sa semence à l'air libre. (Il n'y a pas d'accouplement in-vivo). Certaines espèces de collemboles (les mâles) ne font rien d'autre que de planter quelques centaines de gouttes de spermes dans le sol, et font, là encore, preuve d'un comportement original et unique chez les animaux. S'il lui arrive de heurter une gouttelette, il l'examine avec des mouvements de la tête, la saisit avec la base de ses antennes. Si cette dernière est trop vielle (plus de 8 heures) il la mange immédiatement et s'empresse d'en déposer une autre, sinon, il se dirige ailleurs pour cultiver son petit jardin d'amour... Produra aquatica a franchit le stade du couple. Ce petit collembole bleu foncé qui vit à la surface des mares a un rituel bien organisé. Le mâle ne se contente pas de palper la femelle avec ses antennes pour reconnaître si oui ou non la partenaire est conciliante. Après avoir installé une haie de gouttes de spermes (en arc de cercle), il s'efforce de pousser son élue contre la haie d'amour de telle sorte qu'elle la rencontre inévitablement. On a cependant l'impression que seul le mâle se sent concerné, la partenaire reste indifférente et ne participe en aucune façon... Ah, la merveille de la nature et de ses mystères.


Un insecte d'un nouvel ordre ?

Sur notre animal étrange de l'ambre, si c'est un collembole, l'organe de saut
semble déployé vers l'arrière...
Alors, animal étrange aux comportements étranges.
Et, preuve est donc faite que l'ambre est bien un miel de fortune formidable !


(*) Rappelons que les collemboles, depuis peu, ne sont plus considérés comme des insectes.





      C'est en privilégiant, les inclusions étranges, les insectes bizarres, les arthropodes insolites, figés dans un comportement curieux, que l'on peut potentiellement faire les découvertes les plus intéressantes... Ce n'est sans doute pas le gros insecte identifié, (l'insecte parfait, idéalement centré dans la pierre d'ambre), qui offrira les surprises phénoménales nombreuses. Et, à l'inverse, c'est en développent une curiosité incessante pour les inclusions insolites que l'on interroge l'ambre aux frontière de nos connaissances. Prenons un exemple...






Ambre à inclusion, timbre de Pologne

Passez le curseur de la souris sur le timbre polonais pour voir l'insecte.

      Aucune tradition culturelle ne favorise réellement l'étude des inclusions ou le décryptage des comportements des insectes de l'ambre. Les inclusions fossiles, bien que notoires, restent ainsi une "particularité" difficile à cerner…

      Certains, restent même septiques devant des inclusions rares "trop" nombreuses… Le seul moyen de découvrir des pièces uniques est de nettoyer manuellement les échantillons bruts. Dénicher l'inclusion rare de l'ambre est un labeur… Cet exercice de patience, réalisé jour après jour, offre de belles récompenses !

      La sécrétion végétale tombant de l'arbre, s'altère en surface, produisant une pellicule scoriacée plus ou moins fine. Il suffit de polir l'ambre, pour généralement observer les inclusions... Ce travail extrêmement long, parfois ennuyeux, est indispensable pour dénicher les curiosités…


Ce n'est pas forcément dans
les échantillons les plus grands
que l'on trouve les suprêmes  inclusions...



Quelques ambres en mains, et, déjà des milliers d'histoires en tête !

Mais, avant de lire l'histoire d'une pierre d'ambre, il faut la nettoyer, et, ce travail
liminaire doit être considéré comme une marque de respect du fossile...







      Durant leur enfouissement dans les sédiments, la surface des nodules d'ambre s'altère et se couvre d'une croûte d'altération plus ou moins épaisse. Ce n'est qu'une fois celle-ci enlevée que les inclusions profondes peuvent être étudiées... Il est "pratiquement" impossible de considérer les inclusions sans enlever cette pellicule d'altération... MAIS  ! ... Mais il suffit de dire cela pour tenter l'expérience de photographier les inclusions de l'ambre sans polir les échantillons... La technique de l'immersion totale ou partielle est certes difficile, mais elle offre parfois des résultats assez extraordinaires...



Voici des ambres de l'Oise
avec leur croûte d'altération


 
      Les ambres trouvés dans les sables, les glaises ou les lignites ont des pellicules d'altérations plus ou moins épaisses selon la granulométrie des sédiments qui les emballaient. Les ambres doivent être soigneusement nettoyés à l'eau froide et brossés afin d'enlever tout reste de la roche hôte... Et, si vous ne maitrisez pas la photographie en immersion, le plus raisonnable consiste alors à nettoyer l'ambre natif (manuellement) par un polissage doux et lent des surfaces au moyen d'un dentifrice neutre...


 

      Certains seront sans doute rebutés par cette besogne longue et appliquée...

      Mais, le collectionneur passionné devra travailler manuellement...



Une ombre ?! ...
L'insecte avant le polissage ...




      Le polissage au tambour permet de nettoyer en une seule fois plusieurs kilos d'ambre. Le tambour est formé par une section du tronc d'un chêne dont le cœur a été excavé. On y met un mélange de pâte abrasive et de morceaux d'ambre, mélange auquel on ajoute une certaine quantité de petits cubes de chêne (1 x 1 cm). Le tambour tourne ainsi plusieurs jours. Puis, après un nettoyage très poussé, le même processus reprend avec, cette fois, une pâte abrasive plus fine toujours associée à des cubes de bois eux mêmes plus petits. Un dernier polissage fournit des morceaux grossièrement arrondis, débarrassés de toute impureté de surface, et parfaitement transparents ou translucides selon leur état primitif.

      Ce polissage semi industriel détériore de nombreuses inclusions trop proches de la surface et parfois même les échantillons, et, de fait, il n'y a que le nettoyage manuel qui puisse garantir méthodiquement les découvertes les plus rares.



Exemple du polissage manuel pour
découvrir un insecte fossile !

 


L’amateur contemplatif des inclusions d'insectes trouvera la patience de polir ses ambres à la main (!) pour ne pas risquer de perdre la belle pièce...
Car,après le nettoyage, place à l'art...


Suite de la présentation
(La pellicule scoriacée est
donc enlevée manuellement...)
Suite de la présentation...
Exemple du polissage manuel d'un ambre brut pour découvrir un insecte fossile...
 

Cliquez sur l'insecte de l'ambre pour lire la suite de la présentation...

 







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