Les inclusions rares du Miel de Fortune
 
Les comportements des fourmis (1/3)
 
 





      Pourquoi certains ambres seulement conservent les comportements expressifs des insectes ? La réponse est simple et tient au mécanisme du piégeage. Ce sont les pièces nées à partir de flaques sur des chutes verticales de résine sur un support plan horizontal (fixe et immobile) qui conservent le plus fidèlement les expressions significatives (éthologiques) des insectes. Sur un support plan, aucun fluage (conduit par la force de pesanteur) ne vient rouler les insectes en dénaturant les positions. Ce fait est surtout vrai avec les fourmis...









Ci-dessous, le déménagement en urgence du couvain par les fourmis prises au piège de la résine constitue
l'évènement sans doute le plus thésaurisé des myrmécologues collectionneurs d'inclusions rares de
l'ambre. De tels fossiles sont des références incomparables pour des naturalistes passionnés.























      Le piège de l'ambre agit si parfaitement qu'il restitue le témoignage des comportements les plus intimes. Cela peut paraître étrange, mais le milieu piège qui étouffe les insectes est si rapide qu'il pétrifie les acteurs dans leurs positions expressives restées étonnamment précises. Les situations originelles significatives (outre le fluage qui bascule les orientations) sont parfois si biens préservées que l'on peut lire SANS PROBLEME la préoccupation des sujets. LES INCLUSIONS DE L'AMBRE (et notamment les fourmis) montrent DES SERIES DE COMPORTEMENTS FOSSILES ! Les inclusions fossiles de l'ambre permettent de préciser les premiers comportements sociaux, la vie ancestrale et secrète des fourmis… L'ambre offre de merveilleux témoignages communautaires (éthologie) sur le mode de vie de nombreuses espèces. Présentons les comportements des fourmis, et, commençons par un indice resté longtemps mystérieux : les inclusions fantômes de l'ambre. Les inclusions vides, les inclusions vampirisées...





Ci dessus, une inclusion "fantôme" de mouche...
A quoi correspond cette découverte ?

Etrange !!!! La tête de cette mouche ci-dessus est ouverte au niveau de l'œil à facettes, lequel, semble
avoir été découpé avec une précision chirurgicale ! Observation donc étonnante... (Que certains
chercheurs racontent être le fruit du seul hasard ou le travail d'un oiseau insectivore !!!)



Autre exemple et question indentique : à quoi correspond cette découverte ? ...

















      En rencontrant, dès 1986, les scientifiques des unités de recherches de l'Université de LILLE I (à Villeneuve d'Ascq), j'ai présenté ces étranges inclusions fantômes pour ouvrir le débat. Le point étonnant de ces inclusions de l'ambre c'est qu'elles sont ouvertes (évidées) par un trou net (toujours calibré et assez précis). Quel est le phénomène à l'origine de cette observation plusieurs fois référencée dans les pièces de ma collection ? Le fluage naturel de la résine -qui coule et dénature les inclusions- ne peut pas expliquer la précision chirurgicale des trous... Qui est responsable de ces ouvertures étranges...
Certains chercheurs villeneuvois, amusés, n'ont vu dans ces insectes "operculés" que l'inefficacité du piège de la résine qui ne recouvre imparfaitement les insectes. Faisant remarquer que le problème des insectes évidés, n'était pas corrélé à la taille des insectes englués et, que plusieurs sujets minuscules apparaissaient fantômes (avec un trou calibré toujours précis !), les biologistes chercheurs ont alors prétexté l'existence d'oiseaux qui auraient fait bonne fortune des insectes collés aux arbres donnant la scène d'un joli garde manger à disposition...
Me voyant sourire, prétextant le goût (peut-être) désagréable de la résine, et, insistant sur l'extrême précision des tissus découpés (les inclusions sont évidées), j'ai objecté l'hypothèse de l'oiseau insectivore, la tête alors toute collante...

      Les suppositions scientifiques se sont alors portées vers la dessiccation "atmosphérique"... Les insectes incomplètement englués se déshydratent, et, exposés au soleil se désagrègent laissant à l'état fossile la seule partie de la cuticule suffisamment piégée profonde dans la résine.
Pour avancer sur l'expertise et invalider cette explication, j'ai alors montré une autre pièce (explicite) de ma collection, de précieux ossements fossiles par-fai-te-ment nettoyés ! Des os parfaitement propres figés dans la résine... Sans poser d'avantage de questions, je n'ai pas eu la moindre explication...
Et, pourtant, il ne s'agit pas là d'une inclusion, elle aussi, "fruit" du seul hasard. Les trous repérés sur les insectes piégés où le nettoyage parfait des quelques ossements conservés dans l'ambre sont l'l'œuvre d'un seul et même acteur...

      Il est intéressant de discuter, d'échanger ses idées pour voir le cheminement de la pensée et la construction des concepts. L'idée ici d'une entrevue avec les scientifiques villeneuvois n'est pas tant d'identifier l'acteur qui opère des trous dans les inclusions de l'ambre; l'idée est SURTOUT de suivre la construction des concepts. En effet, ceux publient leurs travaux scientifiques de l'ambre (thèses et livres) ont pris comme mauvaise habitude d'inventer des théories (en amont) pour raconter les choses. Puis, de monologues en articles maintes fois recopiés (utilisant CETTE théorie pour écrire CETTE vérité) ils deviennent incapables de juger autrement que dans le périmètre restreint du modèle réducteur !!! Durant la discussion, la forêt d'ambre est imaginée, construite par l'effort de représentation mentale... Mais, comme souvent, le concept construit est faux (ou incomplet car il n'utilise pas vraiment les références factuelles). Ici, des insectes sont operculés avec une précision chirurgicale mais l'explication qui s'impose (au moins dans cette discussion) est l'idée d'un oiseau venu se nourrir des insectes englués dans les oléorésines collantes...

      Pour des choses aussi simples que ces inclusions fantômes (à trous), il faut évidement regarder les faits, rien que les faits, il ne faut pas inventer des théories par des images. Pourtant, c'est souvent ce qui est fait par le biais de l'actualisme (avec l'écueil du présent transposé dans le passé pour essayer une explication).

      Après avoir observé le cortège des insectes qui opèrent au piège de la résine pour trouver l'explication de ces trous sur ces inclusions "fantômes", donnons la parole à J.H. Fabre, (l'observateur incomparable) qui, dans ses ateliers extérieurs était l'un des premiers à regarder les comportements des insectes.
"Une fourmi, toute petite, est la première accourue. Je croyais tenir l'importune à l'écart en suspendant mes appareils loin du sol: elle se rit de mes préoccupations. Quelques heures après le dépôt de la dépouille fraîche, encore sans odeur appréciable, elle arrive, l'âpre amasseuse, elle escalade par processions les tiges du trépied et commence la dissection. Si le morceau lui convient, elle s'installe même à demeure dans le sable de la terrine, elle s'y creuse des stations temporaires pour exploiter mieux à l'aise la riche trouvaille. Du commencement à la fin de la saison, elle sera toujours la plus empressée, toujours la première à découvrir la bête morte, toujours la dernière à faire retraite, quand il ne restera plus qu'un morceau d'osselets blanchis par le soleil. Comment la vagabonde passant à distance, reconnaît-elle qu'il y a là-haut, invisible, à la cime de la potence, quelque chose de fructueuse exploitation? Les autres insectes, les vrais équarisseurs, attendent que le sujet faisande, ils sont avertis par la violence des effluves. Mieux doués en olfaction, la Fourmi s'empresse avant toute puanteur".
J.H. Fabre, Souvenirs entomologiques, t. VIII p. 247.

      Voilà la réponse, une fourmi, toute petite, fait repas des insectes et des dépouilles, laissant les os et les cuticules des insectes aux analyses métaphoriques, allégoriques et imagées des chercheurs villeneuvois, très inspirés de tenir l'ambre fossile en main. Les inclusions fantômes sont, souvent, les restes des repas des fourmis arboricoles de la forêt d'ambre...









Alors, une fourmi. Mais qui est la fourmi responsable des inclusions fantômes
de l'ambre ? La réponse avec l'un des acteurs ci-dessous.



             



      Longtemps les inclusions fantômes de l'ambre (ces inclusions évidées, operculées et vidées) sont restées sans interprétation chez les spécialistes de l'ambre (rapports et publications E.G. 1998, 2000 et 2004)... Pour quelles raisons des dépouilles d'insectes (nombreuses) apparaissent ainsi nettoyées de l'intérieur, digérées donnant l'illusion de restes fantômes vampirisés ? Dans certains lots insectifères, des myriades de cuticules d'arthropodes, plus ou moins complètes, sont retrouvées évidées dans le piège. Qui est donc le responsable de ce travail étrange ? Plus étonnant encore, des lots d'ambre ont révélé des échantillons étranges dans lesquels des peaux écailleuses de vertébrés étaient découpées en volumes calibrés, et, les écailles isolées les unes des autres étaient disséminées dans la résine. Des petits insectes peuvent être vampirisés, mais, également des animaux plus grands comme des vertébrés...

      Quelques chercheurs très inspirés (congrès 1998, 2000) ont affirmé que des oiseaux (tels les Momotus antiques) venaient se nourrir des espèces engluées dans les résines collantes... Les arbres de la forêt d'ambre étaient-ils alors les gardes manger de ces oiseaux insectivores (décidément bien inspirés de faire des trous dans la têtes des mouches pour imiter la précision chirugicale des fourmis ?)

      Non, restons réalistes, les inclusions grandes à minuscules sont toutes nettoyées minutieusement et de la même façon. Et, il suffit d'examiner les inclusions pour comprendre que les oiseaux sont sans doute assez incapables d'évider des mouches millimétriques. L'opération est trop délicate. Et, le responsable n'est évidemment pas un oiseau insectivore, insensible au goût de la résine...

      Le responsable des inclusions fantômes est bien la fourmi. Ainsi, la vérité paléontologique ne s'invente pas, la vérité se lit dans la pierre de résine. Toutes les dépouilles ou presque des forêts d'ambres étaient examinées par les fourmis... Et, ce sont bien les fourmis qui nettoyaient également les ossements et les épidermes de vertébrés piégés incomplètement dans les coulures poisseuses.


      Une découverte SENSATIONNELLE !


      Parmi les dépouilles spectaculaires faites ces dernières années, on doit mentionner ces restes d'un lézard nettoyés par des fourmis. (Voir ci-dessous). La dépouille du lézard aura peut-être constitué le repas abandonné par un prédateur... Cette portion de vertébré, piégée au sol, (selon l'interprétation taphonomique) constitue une preuve magnifique pour attester que la forêt d'ambre était sans doute sous domination des habitants les plus agiles que sont les fourmis sylvicoles.




Fourmis fossiles inspectant une dépouille de vertébré

Une patte de lézard est inspectée par des fourmis de l'ambre
 
Dans ce fossile de l'ambre, ci-dessus, les restes, sans doute du repas d'un prédateur, sont inspectés par plusieurs fourmis. Les débris sont
ceux de la patte postérieure droite d'un lézard Hemidactyle, la peau et les os sont minutieusement examinés par une dizaine de
fourmis iridomyrmex? - dolichoderinae. Les doigts du lézard, munis d'une longue griffe dressée parfaitement visible, sont
recouverts d'écailles sur deux rangs en pétales imbriqués (lamelles sous-digitales) ; l'inclusion, 12 mm, est celle
d'un gecko un Squamate très proche du lézard français Hemidactylus turcicus.


Cette découverte de fourmis fossiles de l'ambre inspectant une
dépouille de vertébré est une référence très rare...

D'autres références examinées dans l'ambre.

Et la même scène actuelle observée
dans les forêt du Morvan










Les fourmis de l'ambre ?
C'est assurément le dossier
le plus intéressant de l'ambre !

       


"Pendant qu'une fourmi rampait à l'ombre de l'arbre de phaéton, une
goutte de sève se referma sur l'animal gracile. Méprisable tant
qu'elle était encore en vie, elle s'est transformée en
objet précieux de par la nature de sa tombe
".
Martial (38-102).




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Autre découverte unique au monde !


Le premier transport en tandem jamais observé
dans le registre des fossiles chez les fourmis !!!

Voir le transport en tandem





Connu depuis longtemps, et parfois dessiné (Forel, Lane) le transport en tandem
des fourmis (comportement de migration) des espèces contemporaines
n'avait jamais été identifié dans le registre fossile !





      Trouver le fossile d'ambre d'un transport de fourmis en tandem est certes rare, mais, l'évènement du point de vue statistique n'est pas "impossible".

      Lors du déménagement en urgence d'une fourmilière, sur les pistes de déplacement de la colonie, la fréquence du transport en tandem peut être assez élevée, (voir très élevée). La preuve en image. Sur cette photographie (réalisée le lundi 12 mai 2008 à 10 h 00 dans le secteur de Saint Brisson en Bourgogne) c'est 10 tandems qui apparaissent sur la petite surface observée... (Fréquence la plus élevée : 100 tandems par mètre linéaire observé). C'est en réalisant un travail d'inventaire (des tertres des fourmis des bois et des fourmis rouges) espèces de plus en plus rares dans le parc du Morvan que cette observation d'un déménagement en urgence a été photographiée.
( La sylviculture qui opère ses coupes à blanc, le tracteur qui nivelle continuellement ses terres pour préparer les prairies d'herbes aux herbivores sont le "tandem", (les deux causes graves) de la disparition locale des fourmis dans le parc du morvan.)



Le transport en tandem (jeunes et cadavres)


Passez le curseur de la souris sur l'image pour apercevoir le détail des tandems.

Fourmis éthologie - Observation des comportements in natura.

Le lundi 12 mai 2008 à 10 h 00, dans le secteur de Saint Brisson, (en Bourgogne), c'est une colonie de
fourmis qui déménage en urgence. Et, de nombreux tandems (10 tandems, visibles au niveau
des flèches : transport des cadavres et des jeunes !!!
) apparaissent sur
la piste qu'empruntent les ouvrières...










Le transport en tandem est parfois un comportement de fuite chez les fourmis...
Ce qui amène vers d'autres observations "ambrées"...







C'est la taphonomie (voir cet exemple) qui posant la focale sur la position logique des insectes selon les
conditions d'enfouissement dans le milieu piège qui permet de démontrer les comportements fossiles.














Info pratique pour la prise d'images...



Comment photographier au plus simple les petites fourmis de l'ambre ? La méthode la plus immédiate
consiste à prendre n'importe quel appareil photo numérique (en mode manuel) sur lequel vous
bloquez la mise au point pour clicher les inclusions derrière une loupe grossissement 20
maintenue à la table par une pâte adhésive... La méthode ne coute aucun argent
et ne nécessite aucun matériel technique, pour un rendu très acceptable...

Puis, la bonne maitrise de la photo macro des fourmis de l'ambre







Nécessitant presque 5 ans de travail, le cd-rom
exclusif : Les fourmis est enfin disponible...


Incontournable : Le cd-rom les FOURMIS


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