Les inclusions rares du Miel de Fortune
 
Des inclusions fossiles libérées de l'ambre ! 
 
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      Les inclusions de l'ambre sont-elles récupérables ? Théoriquement il semble assez invraisemblable d'isoler une inclusions fossile... Mais, si la question est posée...

      Dans une course folle à la gloire ambrée (où la concurrence fait rage et feu de tout bois), les chercheurs -apprentis sorciers- s'amusent à essayer de récupérer les inclusions fossiles des gemmes indurées. "Et si l'on sortait les insectes des gemmes fossiles ? Allez, soyons fous, c'est pour la science !" C'est Monsieur Azar le précurseur dans ce domaine. Dès 1997, à la faculté des sciences au Liban, Monsieur Azar rapporte qu'il est en mesure de récupérer quelques matériaux biologiques d'ambres crétacés du Liban (des matières DONC ANCIENNES, 130 .M.A.!) par dissolution des gemmes dans le chloroforme. En fait la dissolution de la gemme varie selon le degré de polymérisation des résines. Et, les matières du pôle copal (plus rapidement solidifiées à l'air) semblent avoir traversé le temps avec des polymérisations plus ou moins complètes. Le matériel Indien, par exemple, daté de 50-52 M.A. (plus vieux que les ambres baltes) se dissous sans aucun problème libérant toutes ses inclusions organiques alors exploitables dans divers travaux. Pour plusieurs matières (présentées ci-dessous) Il est possible de coupler des dissolutions partielles chimiques avec des dissections mécaniques. Alors, oui, il est possible de l'libérer les inclusions organiques de leurs écrins antiques.

      Voyons tout d'abord cet exemple formidable avec un hyménoptère. La cuticule très scoriacée des hyménoptères est singulièrement résistante. Une extraction méticuleuse permet de libérer l'insecte de l'ambre fossile en découvrant les structures anatomiques les plus fines...

      La cuticule des insectes (essentiellement constituée de lipides hautement polymérisés) très résistante aux réactifs chimiques est préservée dans l'ambre jaune fossile ! La cuticule des hyménoptères est constituée de fibres de chitine contenues dans une matrice protéique profonde amorphe, sans structure proprement organisée. La zone extérieure (exocuticule), au niveau des plaques (=pleurites ou métamère), est cependant renforcée de protéines tannées par des orthoquinones qui améliorent la résistance et l'imperméabilité du support. Cette périphérie tannée, absente au niveau des membranes articulaires, explique alors le démantèlement occasionnel du squelette de l'insecte dans la gemme fossile. C'est surtout l'alternance de parties dures et souples avec la présence de soies sensibles aux forces exercées sur les structures qui fragilise l'insecte soumis aux forces mécaniques par le jeu du flux de la résine encore souple avant fossilisation.

Extraction manuelle d'un hyménoptère de l'ambre. Eric G.

Voici le résultat de l'extraction manuelle (sur un échantillon "préparé" chimiquement) d''un petit hyménoptère
de l'ambre jaune. Réalisation, pgotographie : Eric G. Dans certaines gemmes d'ambre, la cuticule des
insectes est parfaitement récupérable. Une observation de la cuticule fossile de
l'hyménoptère montre ici que les structures sont percées de canalicules
qui débouchent sur l'extérieur par des pores...






Quel travail délicat, c'est grosso modo une petite "intervention chirurgicale". Mais voici l'extraction manuelle d'une fourmi...





      Après ces hyménoptères, voyons le cas de plusieurs réalisations sur du matériel d'Afrique, du Brésil, de Madagascar, avec des inclusions animales absolument superbes (des plumes)... Puis, examinons la forêt malgache et son cortège d'inclusions végétales...


Avant...Et après ! ...

Oui Il est possible d'extraire les inclusions fossiles de l'ambre...


Découvertes Collection et Photographies Eric GEIRNAERT









      La méthode la plus courante pour récupérer les inclusions fossiles consiste en une dissolution partielle de l'ambre par des solvants organiques ; le ramollissement même incomplet permet une "dissection" des inclusions.

      Mais, travaillant sur de nombreux lots bruts, les morceaux les plus scoriacés et chargés d'impuretés se brisant dans les sacs, on peut libérer mécaniquement certaines portions organiques (animales ou végétales), indépendamment de leur âge, faisant alors une collection de restes hétéroclites assez déconcertants.

 
 

Ces inclusions fossiles mises à l'air se conservent mal, ainsi cette portion de plume africaine (environ 2 M.A., 17 mm) encore figée dans la matière, se désagrège au toucher.

Cette découverte provient d'échantillons bruts (Tanzanie, Zanzibar ?), destinés à l'industrie.

Plume fossile libérée de l'ambre



      Les inclusions de l'ambre sont-elles récupérables ?

      Opérant sous binoculaire il est parfois possible d'extraire quelques insectes très scoriacés, une pratique qui reste cependant franchement délicate !...

      Le spécimen partiellement dégagé, ci dessous, (4 mm), est un coléoptère originaire du Brésil.
   

Coléoptère partiellement dégagé

L'extraction d'une inclusion est rendue possible par l'existence autour du fossile d'un espace infime isolant partiellement l'insecte de la résine.

Cela se traduit, par la proximité immédiates de zones qui semblent métalliques mais dont la nature semble découler de phénomènes de dégazage aux réactions d'évaporation de l'eau contenue dans l'inclusion et dans la sève initialement mêlée à la résine.

Plusieurs dépôts à insectes existent dans la région de Manaus, (Brésil), les échantillons sont tendres, l'arbre producteur est le courbaril, une Légumineuse du Genre Hymenaea.







Travailler sur le matériel brut, (matériel sans valeur), offre l'opportunité de tenter des expériences risquées en réussissant
quelques merveilles. Voici l'exemple de l'extraction d'un coléoptère, dont on remarquera la couleur conservée de la cuticule.



      Découvert en 1991, la résine malgache est selon les collecteurs autochtones, le "fruit" d'une activité volcanique étrange transformant la résine du Mandrorofo en "Jeune Ambre".
A la pointe septentrionale de l'île de Madagascar, au nord du massif du Tsaratanana, point culminant de l'île (2.886m), près d'Antsiranana (ex Diego-Suarez), se trouve un petit relief volcanique, la Montagne d'Ambre, que les malgaches entourent d'une aura mystérieuse pour satisfaire à l'imaginaire du collectionneur.
 

La résine fossile malgache est produite par l'Hymenaea verrucosa; et c'est à l'extrême nord de l'île que l'on récolte les résines fossiles les plus anciennes. Cette graine fossile, (11 mm), extraite d'un échantillon daté à environ 2 M.A., est-elle celle de l'arbre producteur ?
"Cuite par les effluves volcaniques" celle-ci; plantée en terre, pourrait-elle rendre vie à une montagne d'ambre ?

Graine fossile, 11 mm de l'arbre producteur



Les inclusions fossiles de l'ambre sont-elles récupérables ?

Un complément de lecture est disponible sur le Forum





Etude des inclusions végétales
de la forêt ambrifère malgache



      En 1998, en recherchant les incluions intéressantes du copal malgache, j'ai opté pour un travail systématique avec le brut. Et, je remarque qu'avec une matière mal fossilisée,... assez identique au matériel de Zanzibar, je remarque,... qu'il est loisible de libérer des plumes antiques en brisant la matrice de résine !!!

      Les formes ainsi libérées, précises et fragiles se détériorent à l'air, mais, dans certains lots malgaches récents, quelques résines offrent des portions stables en parfait état.

      Les inclusions malgaches des lots jeunes sont-elles alors récupérables ? Toutes récupérables ? Si tel est le cas, connaissant la capacité de certains organismes à résister aux conditions défavorables (diapauses, enkystements), si certaines graines libérées de la résine, remisent en terre, rendaient vie aux arbres antiques ? Le rêve est à porté de main, et, des graines (précieuses!) sont dès à présent à l'étude...

      En menant d'avantage l'enquête sur des lots de bruts destinés à l'industrie, (du matériel peu rémunérateur pour ses inclusions organiques de piètre qualité) toute une série végétale libérée du piège de la résine permet de représenter les étages originels de la forêt antique.

      Le jeu de lecture des portions organiques éclaire beaucoup sur le fonctionnement des différents étages du couvert végétal. De la petite portion de bois, à l'écorce, en passant par des branches, des feuilles et des racines, en remarquant les herbes, les mousses et évidemment quelques entomofaunes associées, il est assez commode de se représenter le piège par étage spécifique.

      L'examen des inclusions libérées des résines tend à différencier plusieurs hauteurs et différents mécanismes de piégeage. Formation haute, formation moyenne, piégeage à la basse et à l'assise du sol, piégeage souterrain.

      La distribution des inclusions végétales piégées dans la résine (puis libérée en ouvrant les échantillons de brut) est un outil formidable pour appréhender les différents mécanismes sylvicoles. Outre l'intérêt de fournir un inventaire idéal de la biodiversité végétale, ces objets libérés des résines sub-fossiles permettent d'étager la biosphère de la forêt malgache. Ce qui offre en définitive un modèle FONDAMENTAL pour comprendre les forêts ambrifères de l'Eocène.

      Les espèces végétales libérées des résines subfossiles malgaches sont presque exclusivement constituées d'inclusions nées aux étages aériens, (le haut couvert végétal, les banches, le tronc). Les résines tombées au sol, puis, mêlées aux sédiments piègent ensuite au hasard des portions amorphes. Tout l'intérêt de l'étude consiste alors à dresser le scénario à l'origine du piégeage en interrogeant les inclusions fixes qui (elles seules) sont de bons indicateurs de position.

      Rognons provenant des racines, agglomérats formés dans le tronc, flaques formées au sol puis mêlées aux sédiments, coulures nées sur les branches... Le hasard, seul, présidant au choix des inclusions végétales le résultat de l'analyse des portions végétales est plus direct qu'un travail entomologique où les populations se déplacent...

Voici un bref aperçu de quelques portions libérées des résines subfossiles originaires de madagascar...




Portions végétales libérées
des résines subfossiles
malgaches



Découvertes Collection et Photographies Eric GEIRNAERT






Quelques inclusions organiques libérées des résines subfossiles malgaches :


1) Haricot (= graine) très certainement de l'arbre autochtone producteur de résine
(Mandof ou Mandrorofo désigné sous le nom d'Hymenaea verrucosa)
2) Echantillon de brut marqué (en creux) d'une impression de graine
3) Graines de plusieurs ambres de la forêt ambrifères (détail ci-dessous)
4) portion d'enveloppe de graine
5) Echantillon de brut avec une graine piégée
6) Champignon lignicole
7) Echantillon de brut coinçant partiellement une large structure ligneuse souple
8) Echantillon de brut piégeant imparfaitement des mousses et végétaux lignicoles
9) Portions de branches (détail ci-dessous)
10) portion d'écorce et empreinte
11) portion de bois
12) empreinte de bois avec entomofaunes
(a :coléoptères, b :oeufs, c :fourmis, d :platypodidae, e : pupes)
13) portion de rameaux
14) portion d'enveloppe du fruit du chêne (détail ci-dessous)
15) portion de limbes
16) caillou partiellement englué
17) échantillon de brut imprégné de polluants exogènes liquides
18) portion de brut piégeant incomplètement des feuilles
19) portion de brut (empreinte de limbe + graine piégée)
20) portion de brut avec empreinte de limbe
21) fruit du chêne
22) herbe





Portions végétales libérées des résines subfossiles
originaires de madagascar (détail)







14) portion d'enveloppe du fruit du chêne






3) Graine piégée dans la forêt ambrifère






9) Portion de branche avec les fibres végétales







Et, bientôt la suite...


 

...avec une énorme surprise !






Ambre de la Baltique : SURPRISE !



Oui ! ...
Et voici une reine de fourmi
(Dolichoderinae, 2 M.A.)
enfin libérée !


Passez le curseur de la souris sur l'objet pour
découvrir l'inclusion libérée de la résine.



Les inclusions fossiles piégées dans l'ambre sont-elles récupérables ?
  
Oui, voici une fourmi extraite de l'ambre par la dissolution chimique de la gemme !
 







Vous avez une question, une remarque ?
Participez au Forum de l'ambre






Graines, feuilles et branches toutes dégagées
mécaniquement des résines subfossiles récentes.





Les graines libérées des résines pourraient-elles être exploitables ?

Les graines fossiles de l'ambre ou les graines antiques du kérogène sont-elles vivantes ?

Poursuivons l'étude de l'extraction des inclusions fossiles de l'ambre avec des références rares, puis, l'examen de protoplumes...











Le poil de chêne dans l'ambre.
L'inclusion pile-poil qui bientôt fait frémir...




      Les inclusions filamenteuses (souvent isolées dans la gemme d'ambre) sont souvent délaissées des collectionneurs, car, peu significatives... Seule les quelques formations synchrones aux grosses bestioles (comme ici cette araignées salticidae installée dans son repère de chasse en soie) sont commentées, à l'occasion, pour valoriser le fossile et ainsi compléter l'histoire de l'inclusion principale... Cependant les inclusions filamenteuses qui parsèment les gemmes fossiles (toutes les gemmes fossiles) peuvent même isolées de toutes inclusions médiatiques raconter beaucoup sur le micro biotope antique.

      Référencés principalement dans le matériel balte (mais pas seulement) les trichomes dont l'observation est assez problématique ouvre la voie aux découvertes parfois sensationnelles... Certains auteurs affirment (et écrivent dans des ouvrages spécialisés) que les trichomes (ou poils de chênes étoilés sont rigoureusement (RI-GOU-REU-SE-MENT) la marque du matériel balte, l'ambre jaune, c'est-à-dire, la succinite...







      Attention les "stellate hairs" peuvent apparaître dans l'ambre albien espagnol de San Just (mai 2007, voir l'image notée C, ici) et peuvent correspondre également à des portions de fougères dans l'ensemble du matériel africain type copal (même ancien).

      C'est en cherchant le "stellate hairs" dans l'ensemble des résine fossiles pour infirmer le critère d'exclusivité du matériel balte que la découverte s'est imposée ! En reprenant le petit sachet étiqueté "Trichomes - poils de chênes" certaines inclusions étaient mal interprétées !

      Oui, des petites brindilles (déformées) qui portent des filaments s'avèrent parfois être des plumes ! D'où l'importance de bien examiner les inclusions même insignifiantes et banales...
Du banal au rare, parfois, il n'y a qu'un poil de différence ! (=humour).







A) Trichomes type de chêne, = inclusions assez spécifiques du matériel balte (succinite) - synchrone à l'araignée.
B) Organe d'absorption d'eau des fougères. Inclusion en morphose (=morphing) non spécifique au matériel balte.



      Les trichomes (signifiant "croissance de poils" en grec) regroupent l'ensemble des fines excroissances en écailles ou appendices souvent constitués de poils disposés en étoile. Si certains trichomes sont spécifiques aux fruits des chênes, (et sont pour l'ambre jaune la marque surtout spécifiques du matériel balte A), d'autres inclusions en étoiles présentes dans l'ambre jaune (B), constituées de colonies filamenteuses, sont des organes végétatifs spécifiques aux fougères, qui, tapissant les tissus, permettent de lutter contre la dessiccation.




      Les trichomes (ou poils étoilés) issus des jeunes bougeons et inflorescences des chênes sont des inclusions saisonnières très intéressantes... Pour plusieurs auteurs -qui n'ont surtout examiné que les gisements baltes et dominicains-, ces inclusions (formant le feutrage de protection qui se détache avec la croissance végétale) peuvent constituer la marque unique et exclusive des succinites baltes. Ces formations végétales, en étoile, n'apparaissent dans aucun autre matériel fossile. Les trichomes, qui imprègnent 50% des pièces à inclusions de la Baltique, ont été transportés au piège de la résine par le vent. Cependant, outre le matériel balte, il semble que l'on puisse trouver des traces de chênes dans les sécrétions sub-fossiles (copal).

      Toute la question est de savoir si, finalement, ces matières récentes font partie du registre des sécrétions qui méritent d'être étudiées comme l'ambre jaune. Des collectionneurs, des responsables d'institutions, des spécialistes et les acteurs des pays baltes voient d'un très mauvais œil apparaître des matières insectifères concurrentes extrêmement riches en merveilles médiatiques. Certains font le maximum pour dévaloriser les produits concurrents dont l'examen "rétrograde" le "prestige" des pièces (authentiques ?) achetées déjà à grand frais. Il est mal vu (et mal venu) que des substances viennent concurrencer le marché de l'or du nord très codifié, (et mal en point).
Outre les "coups bas", nous sommes dans la nébuleuse des transactions lucratives de l'ambre, où, depuis 1995, la presse a même évoqué une mafia. Certains apportent à l'expertise des matières récentes pour trouver les preuves scientifiques de règles qui pourraient ainsi garantir la pérennité de l'ambre jaune. Dès lors certains lots de copal kenyans et malgaches peuvent être contemporains et avoir une datation de 50 ans. (George Poinar 1998, Cenozoïc Fauna et Flora in Amber).

      Au prétexte d'un petit poil de chêne, d'une aile de mouche, d'un duvet filamenteux, -indice d'une éventuelle plume- ou de tout autre chose comme une couleur d'origine pigmentaire révélant le développement des premières algues bleues, l'ambre déchaîne les passions.
Et, les critiques virulentes, autour du matériel médiatique fusent (Car, sachez, Monsieur, que ce lot n'est pas le plus ancien du registre des fossiles que j'étudie au laboratoire !)
Le torchon brûle une nouvelle fois entre les équipes qui jouent la course au scoop. Ces propos me rappèlent ceux de Stéphane Boucher, du M.N.H.N. qui ne comprend pas que l'on puisse publier sur autre chose que ce qui est rare, très ancien, très extraordinaire, bref, très à lui !
Faut-il défendre avec cupidité ses gisements, ses découvertes et son fond de commerce, (et son fond de tiroir plein de lame minces? =humour), ou, faut-il abandonner le mercantilisme protectionniste pour examiner enfin, sans complexe et à un même niveau toutes les oléorésines et leurs inclusions avec un intérêt égal ? En travaillant ainsi, sur tout et surtout de façon ouverte, (avec Internet comme outils de présentation) cela permettrait finalement de mieux comprendre l'ambre jaune, le vrai, le seul et l'unique qui vaut quelque chose...







A l'opposé des sécrétions récentes, voici du matériel très ancien...
Etude de cas... Examinons une inclusion
organique qui ressemble à une plume.


- Préambule -



Oui, l'origine des plumes fait débat.
Les références des fossiles sont rares. Des théories affirment certaines choses qui ne sont pas tout à fait définitives... Plusieurs exposés (surtout sur le web) avancent des idées mais ne proposent que les photographies d'inclusions récentes de l'ambre qui ne correspondent surtout pas aux références "protoplumes" anciennes. Quelques articles expliquent les protoplumes en ne donnant que les images de quelques plumes modernes dans des ambres récents. Alors, présentons (ci-dessous) une inclusion remarquable : les parois cellulaires indiquent qu'il ne s'agit pas de fibres de plantes, ni de tissu fongique. Alors, cette inclusion de l'ambre français peut-elle être une protoplume précoce ? Finalement, avec l'origine des plumes, nous ne savons pas de quoi il en retourne. Seule une connexion avérée à l'animal permet d'attribuer une structure à un dinosaure (plumes, plumages et plaques fossilisées des dinosaures). Les descriptions récentes 2011 à partir des ambres canadiens (ambres crétacés du lac Grassy, sud-ouest de l'Alberta.) de la collection du Musée de Tyrrell, montrent des références incomplètes différentes où les axes (sombres, non colorés), sont plus fins... N'oublions pas qu'une plume (comme structure vivante) peut varier selon son âge propre et ainsi proposer plusieurs "formes" graduées différentes (plumes de duvet imparfaitement plane, calamus précoce). L'origine des plumes est-elle unique ? Peut-on confronter les découvertes des ambres français aux ambres canadiens ?
(A lire: Ryan C. Mckellar, Brian D. E. Chatterton, Alexander P. Wolfe, Philip J. Currie. A Diverse Assemblage of Late Cretaceous Dinosaur and Bird Feathers from Canadian Amber. Science, September 15, 2011).

Quelques plumes de l'ambre, collections découvertes, photographies : Eric Geirnaert.








Une proto-plume dans un ambre crétacé frnçais ?








Etude de cas... Examinons une inclusion
organique qui ressemble à une plume.



      C'est une trouvaille formidable. Voici (ci-dessous) une image exceptionnelle, preuve, s'il en est, d'une découverte réalisée (en 2000) dans un ambre très sombre, presue opaque et très ancien, puisque daté du crétacé. Cette inclusion révisée et identifiée des "spécialistes" à partir du travail de photographie (Eric G. janvier 2000) s'avèrerait pouvoir être une TRES étrange "plume"...

      Expertisée initialement comme une simple brindille végétale, l'axe étrangement effilé porte finalement des barbes (pas de barbule). Cette image, réalisée en janvier 2000, (l'inclusion est dans une collection privée) est sans doute, la première mention d'une découverte de "plume?" vraiment "différente" des références jusque là connues... L'ambre des Charentes, découvert en 1999, est daté d'environ 100 M.A. Si cette portion incomplète d'une sorte de "proto" plume, (axe qui semble être structuré, avec une apparente symétrie) semble être une inclusion animale, l'inclusion est vraiment, vraiment, intéressante...



Cette belle inclusion, ci-dessous, (collection privée) appartient à un collectionneur venu me rencontrer en 1999
en compagnie d'André Holbecq lors d'une séance photographique consacrée aux météorites (après avoir
essuyé un refus des scientifiques). S'il le souhaite, le propriétaire est invité par d'autres spécialistes
de l'ambre à présenter son matériel pour un ré-examen qui s'annonce très instructif.



 
Constituée sans doute de kératine, comme les écailles et les poils, cette "plume?" formée d'un axe creux
(ou rachis parfaitement visible à la prise d'image) porte des ramifications, des sortes de
longs barbes, ... mais,... sans les "barbules" perpendiculaires habituels
qui sont dotés d'innombrables crochets minuscules.


      L'examen de ces inclusions crétacées rares de l'ambre permet de réviser l'évolution des plumes chez les oiseaux et également les dinosaures non aviens. Ces inclusions que l'on appelle proto plumes sont apparemment composées d'un rachis droit (ici formé d'une pointe terminale rapide) auquel s'attachent des barbes filamenteuses, longues, droites (apparemment sans barbules). Ces formations désignées de "primitives" semblent correspondent à une possible étape intermédiaire entrant dans la passionnante, mais controversée, évolution théorique de la plume.
Les portions de rachis conservées dans l'ambre sont plus rares que les traces de barbes filamenteuses. Cette révision d'une inclusion -initialement passée inaperçue tant l'échantillon fossilifère est opaque- démontre bien l'intérêt de repérer tous les micros détails d'une exploration photographique extrêmement poussée. Jusqu'à 1000 Watts de lumière a été nécessaire pour révéler les détails à peine perceptibles.

      Les observations optiques des inclusions de l'ambre rivalisent encore en qualité de résultats avec les récentes explorations 3D ou les imageries scanners inaccessibles au public... Un ambre insignifiant peut potentiellement devenir intéressant, tout l'enjeu consiste à révéler l'inclusion cachée dans l'écrin fossile. L'exploration optique, puis photographique des inclusions est réellement un domaine passionnant de recherche...






- Correspondances adressées à Monsieur Geirnaert pour commenter l'inclusion Proto-plume cétacée.

Bonjour Monsieur Geirnaert.
Je découvre votre jolie image, et, je me permets un commentaire.
L'objet inclus dans l'ambre charentais une "proto" plume ? ?????
Soit je lâche ma bouteille et j'ouvre grand les yeux, soit, la photo est extrêmement floue (=humour)... Non, l'image est assez nette, bravo et l'objet peut supporter une remarque. L'inclusion présentée ici ne ressemble pas aux "protoplumes".
Ici le follicule n'est pas creux, il n'y a pas de barbes ? Bref si l'inclusion est du type "plume" elle doit absolument être étudiée car la c'est une première mondiale. En général on observe le stade avec le follicule produisant une structure creuse et non ramifié. Parfois on note des barbes soudés directement au calamus, et plus tard un semblant de plume actuel mais, ici, c'est tout nouveau.
L'inclusion semble montrer un follicule pas creux (à priori) et des barbes qui débutent bizarrement tout le long de l'axe principal, c'est extrêmement bizarre ! Cette chose, (intéressante), cette inclusion, à mon avis, est plutôt végétale ou du genre insecte mais certainement pas du type "proto plume".
Signé : Vari.


Eric G. : Oui, Bonjour Vari.
En lisant votre message, j'ai lâché ma bouteille, et, j'ai ouverts grand les yeux. Et, sauf erreur, sur l'image je vois des barbes. Le rachis, large, porte des barbes, longs, lesquels sont vierges de barbules. Alors pas de barbes ? Si au contraire !
L'inclusion ressemble à une plume à barbes MAIS SANS BARBULE, ce qui en fait un objet TRES intriguant !
Une plume traditionnelle se compose d'un axe central, creux à sa base, le calamus qui naît dans l'épiderme et plein dans sa partie principale, le rachis. Le rachis porte des "barbes", insérées en deux séries de part et d'autre de l'axe dans un seul plan, et enchevêtrées par des "barbules" perpendiculaires qui sont dotés d'innombrables crochets minuscules. Ici l'inclusion semble montrer un rachis qui porte des "barbes" insérés dans un seul plan.
Je suis moi-même déconcerté par cet objet (que j'ai initialement commenté être, au propriétaire, une brindille végétale).
Dans mon analyse, je suis d'autant plus perplexe que l'inclusion, selon mon observation (logique) correspond, je crois, dans le bas de l'image à l'extrémité de l'objet. Ce n'est pas la base que l'on observe, mais, selon moi, l'extrémité... Selon cette idée, le rétrécissement rapide de la tige centrale effectivement, devenant creuse, m'interpelle absolument. Oui, ce n'est pas le registre de la plume "habituelle".
Et, le propriétaire n'a pas souhaité présenter d'avantage son inclusion aux spécialistes de la grande institution pour un accueil, (apparemment) problématique. Je n'en sais pas d'avantage. Oui, protoplume "avérée" ou inclusion organique juste végétale étrange, l'inclusion (que j'ai un moment pris pour une aile de trips GEANT, un Thysanoptère Vraiment géant !) mérite un examen très attentif !
J'ai particulièrement insisté sur l'utilisation des lumières bleues incidentes fortes pour révéler l'inclusion nichée dans la résine surtout opaque. C'est l'une des inclusions les plus problématiques que j'ai eu labeur à photographier. Je suis content que l'on reconnaisse que l'objet ainsi présenté soit étrange. Je suis le premier à le dire, l'écrire et l'afficher. Et, effectivement la reconnaissance demande à être confirmée. L'examen de cette inclusion (plume ou pas plume) devrait donner des informations importantes quant à l'évolution des structures avérée chez les oiseaux et les animaux non-aviens de cette période ancienne de l'ambre charentais. A cette époque éloignée, les vraies plumes (les proto plumes) sont déjà composées d'un rachis auquel s'attachent des barbes filamenteuses, longues et sans barbules et apparaissent ainsi à un stade déjà intermédiaire entre plusieurs étapes. Un message amical au propriétaire (refroidi par un accueil complaisant des chercheurs parisien en 1999-2000) pourra peut-être permettre d'examiner plus en détail l'objet et pourquoi pas expliquer l'évolution de ce tégument particulier (végétal ou animal). Pour ma part, j'ai réalisé gratuitement (à mes frais) l'image diapositive (en argentique).
L'image de l'inclusion prise en 2000, gratuitement, a au moins le mérite de sauvegarder la découverte. J'ai longtemps hésité à publier l'image dans mon ouvrage référence édité en 2002. Mais j'ai finalement opté pour des inclusions exclusivement de ma collection. Pour retrouver le propriétaire de l'objet, il faudrait lancer une annonce sur le web. Nous souhaitons retrouver le propriétaire de cette inclusion TRES INTERESSANTE...

Merci Vari pour votre commentaire, (précis), qui me conforte dans ma démarche d'ouvrir gracieusement mes capacités techniques aux collectionneurs privés pour leur permettre d'avoir de belles images de leurs inclusions.

De nombreux collectionneurs possèdent (je crois) des inclusions potentiellement formidables. Dommage que certains soient aussi frustres ce qui est finalement un frein à notre connaissance générale des inclusions. Pour ma part, je réponds toujours favorablement aux sollicitations, et, mes implications ambre sont gracieuses. Selon ces collectionneurs qui m'ont présenté des échantillons charentais insectifères en 2000, il y avait des tensions particulières (1999) qui empêchaient les examens utiles des ambres. Oublions les luttes intestines et concentrons nos efforts autour des inclusions.
Si le propriétaire de l'inclusion présenté ici se reconnaît, qu'il sache que son matériel intéresse la communauté des spécialistes.
Oublions les tensions passées, allons de l'avant. Je suis heureux de voir que mon image a suscité un tel intérêt.







- Autre correspondance pour commenter l'inclusion "proto"-plume...


Selon les propos de Gaël de Ploeg qui utilise
sa meilleure "plume" pour en commenter une : "cette inclusion est une aile de trips. Thysanoptéra, Héxapoda, plus connues sous l'appellation 'bête d'orage'".
Réponse Eric G. : si la portion kératine crétacée photographiée correspondait à une portion incomplète d'aile de trips, cela reviendrait, (pour tenir une comparaison), à découvrir un minuscule insecte, -prenons l'exemple d'une puce- qui serait alors plus gros qu'un chat !!!
Je n'y crois évidemment pas ! Les trips sont, je crois, surtout petits à minuscules... L'inclusion crétacée n'est -selon mes hypothèses- pas une portion d'aile de trips. Des Trips GEANTS crétacés, longs de 8 - 10 cm, auraient-ils existés il y a 100 M.A.? La question est posée, et si la réponse se confirmait, la découverte serait alors d'avantage qu'une PROTO-plume intéressante ! Voici pour ceux qui ne connaissent pas, les trips, voici un visuel qui fixe les idées des tailles de ces insectes surtout, surtout, surtout minuscules.
En exploitant des images (techniquement difficile à réaliser, mais possibles) je veux dire à GdeP, qu'il n'est pas nécessaire de découper les ambres en lames minces pour réaliser de belles images, il est loisible de vérifier que les ailes des trips sont surtout diaphanes (assez planes dans leur partie centrale) et ne correspondent surtout pas à cette référence d'un axe plein, assez cylindrique, évidé dans sa partie terminale, avec surtout un rétrécissement manifeste. Pour l'inclusions crétacée, (follicule plein), c'est étrange, les barbules sont insérées obliquement sur ce qui ressemble être un rachis, les soies fines sont surtout espacées de façon régulière, faisant penser à une "structure végétale".
Selon moi, il faut SURTOUT garder à l'esprit que nous observons des références anciennes. L'actualisme, le principe de transposition des constatations actuelles pour expliquer les références anciennes n'est peut-être pas le moyen le plus efficace d'appréhender les inclusions crétacées.
Attention, attention à ne pas tomber dans l'écueil des comparaisons faciles...




C'est en rapprochant l'inclusion crétacée 100 M.A. d'une aile de trips 30M.A. que l'on peut noter les rapprochements, et, également les différences
structurelles et morphologiques... L'inclusion crétacée en vignette (en haut à gauche sur l'image) ne correspond pas aux plumes même anciennes...




- A
utre correspondance pour commenter l'inclusion "proto"-plume...


Selon Vincent Perrichot: "Il pourrait en effet s'agir d'une plume mais l'axe principal (le rachis) me semble trop large et le diamètre trop irrégulier. Cela peut aussi être végétal, sinon un fragment d'insecte, (il existe des antennes plumeuses), mais ce même axe serait alors segmenté. Sans barre d'échelle je ne sais pas....". Peut on avoir une échelle? Et une provenance exacte? La translucidité de ce fragment d'ambre m'interpelle tout de même pour de l'ambre charentaise surtout lorsqu'il manque toutes les informations du contexte de la trouvaille.
Signé : Vari.


Eric G. : re-bonjour Vari.
Oui, l'axe de l'objet est, de mémoire, -j'ai manipulé l'échantillon 15 minutes en janvier 2000-, comparable à celle d'un coupe papier de bureau, (c'est une image). Selon moi, (mais je peux me tromper), l'axe des plumes -que j'ai en référence sans connaissance spécifique des PROTO-plumes-, est surtout mince et se termine de façon progressive, donc différemment de celle de ce " coupe papier " bien difficile d'interprétation... Oui, les antennes des insectes sont effectivement segmentées. Et, d'un autre coté, les ailes des thysanoptères (thrips) notamment trouvés dans l'ambre crétacé d'Ethiopie ont quelques ressemblances avec ces soies fines, nombreuses et très serrées, disposées -en franges- au pourtour des ailes antérieures. Mais, ici, les soies apparemment plus raides semblent former des lames chitineuses peu flexibles, régulières et longues, insérées sur l'axe selon un espacement sans référent comparable...
En y réfléchissant d'avantage, (localisation précisée ou non de la découverte), l'inclusion me pose encore plus d'intrigues... Pour préciser le site de la découverte, la provenance du lot, (échange, achat, prospection), j'espère que nous retrouverons effectivement le propriétaire (dajà venu se présenter aux scientifiques).
Concernant le caractère gemme de la pièce, mes échantillons, en collection, sont tous jaunes, complètement opaques. Les informations du contexte de la découverte seront sans doute précisées par le propriétaire, qui je le rappelle a sollicité -à l'époque- sans réponse favorable, les spécialistes, puis est alors venu me voir en secours pour tenir une image qui malheureusement n'aura pas été correctement exploitée...





Eric G. : Dans le livre qui accompagnait l'exposition du musée d'histoire naturelle de Neuchatel, Les fantômes de l'ambre, de Ewa Krzeminska et Wieslaw Krzeminski, Jean-Paul Haenni et Christophe Dufour 1992 ont rappelé que des plumes de la queue d'un oiseau nommé Momotus (voir ci dessus) auraient été retrouvées dans le matériel de la Baltique. Et, les plumes évoquées sont surtout intéressantes car le rachis est nu -sur une longue partie- excepté, sa partie terminale, formant alors une sorte de petit drapeau. Ces plumes ressemblent à celles de la queue du Loddigésie admirable (oiseau actuel).
Il serait intéressant de comparer le rachis étrange de l'inclusion crétacée en vérifiant s'il existe des corrélations, des ressemblances, entre les références Momotus - Loddigésie et l'inclusion crétacée.
Il faudrait noter si les rachis sont mal plumés (ou "déplumés", =humour) de la même façon...

Dossier à suivre...




- Autre correspondance pour commenter l'inclusion "proto"-plume...


Bonjour. Selon moi, ce ne peut être qu'une plume appartenant à Archéoptéryx ou à genre voisin dont les caractères aviens et reptiliens forment une mosaïque. Les caractères aviens d'Archéopteryx sont la plume et la pneumatisation des os. Les caractères reptiliens restent le petit bréchet, la queue et le cerveau connu par moulage endocranien. Mais Longisquama qui n'a rien à voir avec les dinosaures et les oiseaux et a inventé la plume bien avant les oiseaux du jurassique supérieur et sa plume ne lui servait pas à voler, tout au plus à séduire sa belle. Longisquama est un reptile du Trias. Le terme longisquama (longue écaille) a été choisi pour montrer que c'est l'écaille reptilienne qui donne la plume avienne. Longisquama possédait en outre un long cou qui lui permettait de pêcher sans se mouiller les pieds. Ceci ci, dit la plume est peut être d'abord un caractère sexuel secondaire qui permet la parade nuptiale.
Signé : Palpépé.



Eric G. : Oui, ce qui me surprend énormément dans l'inclusion que j'ai photographié en 1999, c'est l'apparente structure du rachis, plein vers l'arrière, mais, finalement creux vers l'avant ! (Un organe dual ?).
Comme une pneumatisation des "os" ou des structures, comme vous dites ?
Oui pour moi, j'ai l'illusion d'une sorte de coupe papier (double biseau) dont l'axe serait à la fois rigide mais vide, comme ayant une fonction. J'avais alors pensé à un organe de ponte, qui pouvant se planter dans le sol aurait agit comme une pompe (à insufflation d'airà. Planté dans les sédiments, l'organe se gonfle pour élargir le sol, puis, par dégonflement permettant à l'organe de s'enfoncer d'avantage avant de reproduire un nouveau gonflement. L'organe pour creuser par gonflements périodiques est utilisé chez les diptères pour pénétrer le sol à des profondeurs qui peuvent dépasser le mètre. Mais les poils, ici, apparemment rigides, n'auraient pas d'utilité fonctionnelle.
Bref, je n'ai pas de comparaison -référent même approchant- dans le registre des structures entomologiques, et, à force de chercher, je délaisse progressivement le domaine des arthropodes. Alors, pourquoi ne pas imaginer un tégument de reptile ?
Monsieur, merci pour votre message !



Veuillez, m'excuser, mais, je suis obligé d'intervenir en précisant qu'il serait très étonnant que l'inclusion crétacée de l'ambre puisse être la signature d'Archaeoptéryx (A),
(voir ci-dessous) tout simplement, pour le décalage important des époques géologiques. L'ambre cénomanien charentais, (crétacé supérieur, 93.5 - 99.6 M.A.) présenté ici, -si le gîte de découverte est confirmé par le propriétaire- est au moins 50 M.A. plus récent que l'époque de vie des Archaeoptéryx. Oui, merci pour le rappel à propos de Longisquama (D) dont Alain Bénéteau a fait surtout de belles illustrations, rappelons-le.
Sinon, pour suivre et guider surtout la pensée d'Eric Geirnaert, tous les organes du vivant n'ont par forcement d'utilité ni de fonction, (confer la théorie synthétique de l'évolution). Attention donc à l'écueil de vouloir expliquer les structures d'un organe ou d'un tégument! L'hypothèse de la plume reste encore la plus probable et il faut surtout porter la focale sur les potentialités du site charentais (B) pour situer (si cela est possible) le fossile dans une série référencée cohérente. Je vais essayer de retrouver les photos des plumes de l'ambre charentais. En général la plume est composée du calamus puis du rachis qui soutient l'ensemble des barbes. Ces barbes sont les premiers stades ontogéniques de "la plume", proto-plumes ou autre, ensuite viennent les barbules de deux types, à crochets ou à sillons qui permettent l'imperméabilité...
Bref, à priori pour l'inclusion présentée ici, on ne dépasse pas le stade de la barbe, soit, un caractère relativement primitif. Il faudrait absolument comparer cette mention avec d'autres références plumes homologues du cénomanien...
Je poursuis mes recherches également sur les "poils" (C) de certains psitacosaurus et autre ornitischiens qui, pour l'instant, ne constituent qu'une simple piste d'exploration Oui, un point, je ne vois pas trop ce que vient faire Longisquama ici. Et, j'ajoute, qu'il ne s'agit pas seulement de mes pensées mais évidemment des théories les plus étayées à l'heure actuelle.
Vari



Eric G. : Les références connues des plumes dans l'ambre crétacé des Charente-Maritime sont toutes des inclusions, qui, au premier coup d'œil, sont originales, car peu fournies. Les plumes incluses dans l'écrin de résine, très aérées, sont composées d'un rachis filiforme fin auquel s'attachent de simples barbes espacées. Les barbes sont filamenteuses, longues, souples et sans barbule. Les plumes sont alors très light, ("déplumées", pourrait-on dire, pour faire un mauvais jeu de mot). Excepté le rachis, qui ici est large, la similitude d'organisation est très troublante. Le rachis qui porte des barbes (sans barbules) à de quoi surprendre l'observateur même attentif. Peu de plumes sont faites d'un rachis qui ne porte que des barbes, celles par exemple de Sinornithosaurus (le dinosaure à plumes chinois décrit en 1999). Ici, pour l'inclusion discutée, les barbes semblent apparemment rigides...
Alors, poursuivons l'enquête.




- Autre correspondance pour commenter l'inclusion "proto"-plume...


Quels sont les indices qui finalement vous permettent de croire que l'inclusion soit animale, (étrangeo- plume) plutôt que végétale ? Des inclusions végétales pourraient théoriquement être envisageables ?
Le sablais.


Eric G. : Oui, à vrai dire l'interprétation est ouverte. On peut se poser la question pour toutes les inclusions étranges. Lorsque l'on trouve une griffe, par exemple, tant que l'objet "griffe" n'est pas connecté à un animal effectivement reconnu, l'objet "pointe courbe" reste abstrait. La portion piégée dans la résine, ici, ressemble à des stades intermédiaires de plumes très anciennes. Mais l'objet n'est cependant pas situé sur une série logique connue. Seuls des indices fossiles (surtout présents sur les ambres baltes) peuvent parfois, je dis bien parfois, permettre de cataloguer les inclusions animales des inclusions végétales, (lignes de brisures conchoïdales, halo blanc de dégazage). Pour dire les choses brièvement sans digression, disons que ce sont surtout les inclusions animales qui marquent d'avantage les résines. La texture chitineuse semble assez stable au chimisme des résines et l'inclusion, si elle est en chitine, pourrait alors être animale. Mais, ici de toutes les façons, la résine est crétacée, et, les dits indices manquent.



Eric G. : Je souhaite répondre aux messages nombreux (pas toujours amicaux) de ceux qui s'interrogent sur la finalité d'une telle ténacité à discuter une inclusion. L'objectif de discuter une plume (ou une chose qu ressemble à une plume) n'est pas la recherche de notoriété ou le lustrage de l'ego, pour reprendre les arguments. Non. La redondance d'observations banales d'inclusions conventionnelles (des petits moustiques, des belles mouches) n'est, je crois, pas le moyen le plus efficace d'espérer de grandes découvertes. Je m'explique.
C'est en explorant les frontières inconnues, c'est en focalisant l'interprétation sur les inclusions étranges que l'on peut parfois ouvrir un pan de la connaissance. Souhaitant éviter la digression préjudiciable à la lecture du sujet, je donne, quand même, un exemple qui situera l'enjeu de l'exercice. Entre 1996 et 2000 des discussions (orales, par courrier et e-mail) ont sondé des inclusions noires étranges en forme d'étoiles. Les questions étaient toujours les mêmes. Est-ce animal ? Est-ce végétal ? Est-ce d'ailleurs même une inclusion organique plutôt qu'un artéfact, créé, par des polluants exogènes ? Lorsque certains ont définitivement opté pour l'artefact, d'autres ont, de façon dogmatique, affirmé l'origine botanique, alors que l'inclusion animale était constitée par des cellules pigmentaires de vertébrés. Outre l'interprétation donnée, c'est vraiment le cheminement de la pensée qui est enrichissant. Et, suivant le développement des réponses, on comprend pourquoi certains s'empêtrent dans des hypothèses tandis que d'autres plus intuitifs découvrent l'interprétation déjà moins théorique et sans doute plus juste.
En 2002, refusant l'idée de l'artefact ou de la portion végétale, j'ai écris (juin 2002, fig. 245) que les étranges écailles animales pouvaient être trouvées à maintes reprises. Et, ce sont juste des portions d'épidermes de vertébrés contenant des cellules pigmentaires !!! A cette époque, certains chez les spécialistes ne comprenaient pas la ténacité à discuter l'origine de petites tâches étoilées dans la résine. Aujourd'hui preuve est faite, la propension à préférer la facilité ferme les portes des découvertes les plus intéressantes. Il y a dix ans, les scientifiques ont tergiversé longtemps sur les premiers pigments animaux sans les voir !
Aujourd'hui, cette inclusion crétacée (une étrange plume, ou pas) est d'un potentiel comparable. L'idée consiste à interpréter le fossile, juste le fossile, rien d'autre, les rédactions agressives, les insultes, ne sont sans doute pas très utiles au débat.




- Autre correspondance pour commenter l'inclusion "proto"-plume...



Si je me souviens de mes cours de biologie, quelques faunes aquatiques telles que les crustacés disposent je crois d'organes respiratoires avec des formes ramifiées qui pourraient rappeler celle de l'inclusion crétacée où la subdivision de ce type permet d'augmenter les surfaces d'échange pour absorber l'oxygène de l'eau. L'hypothèse des organes respiratoires aquatique est-elle tenable ?
Signé Next50MY.



Eric G. : Intéressant. Et pourquoi pas des organes respiratoires ou des organes sensoriels de petites bestioles aquatiques ! L'idée est intéressante. Les organes respiratoires présentent parfois des formes effectivement étranges. Voici l'exemple des organes respiratoires d'un petit scorpion ! Ce détail extrêmement difficile à photographier n'a jamais été montré chez aucun spécimen de l'ambre. Alors pourquoi pas des organes d'espèces aquatiques? Tient pendant que nous y sommes, c'était mon hypothèse pour cette inclusion impressionnante balte, qui, elle, vraiment grande, mesure 7,5 cm! J'ai osé (mal m'en a pris) écrire (2002, fig. 253) que l'inclusion pourrait correspondre à une antenne de crevette (ou une espèce étrange de symphyle) mais cette mention ne m'a attiré QUE des critiques. "Les espèces aquatiques qui pourraient donner des telles inclusions n'existent pas, sinon, cela se saurait!" Je persiste à dire que c'est l'examen et la prise en compte des inclusions étranges qui ouvre la voie aux découvertes (certes déconcertantes) mais passionnantes! Si la proto-étrange-"plume" crétacée est un organe sensoriel ou respiratoire, l'animal hôte (aquatique ou pas) est une référence très intéressante qu'il faut évidemment identifier! Restons ouvert à toutes les hypothèses.
Sinon, ce qui me surprend, outre la distance régulière entre les soies, insérées sur l'axe, donnant l'illusion d'un peigne parfait, c'est surtout la position rectiligne des fines structures dans la résine. Toutes les inclusions de plumes sont usuellement roulées par le fluage. Ici, la rectitude étrange des soies (ou barbes?), évoque une solidité des structures que je ne m'explique vraiment pas. Autant les plumes sub-fossiles sont déformées par le fluage, autant la référence crétacée est ici figée.



Concernant plusieurs digressions relatives aux espèces aquatiques.
Eric G. : Il faut noter (attention je ne donnerais cependant pas la SOLUTION, je vais simplement annoter un fait, et donc ne me demandez pas LE pourquoi du comment), il faut noter, disais-je, que des organismes antiques, aquatiques ou aériens, parfois démunis de force motrice, peuvent apparaître seuls ou nombreux, profondément enfouis dans des résines dont le fluage, analysé dans le détail, ne montre pas d'écoulement !!!! Dans certains cas, le piégeage ne fonctionne pas par le seul fluage selon la fluidité relative des oléorésines, qui, selon le dogme, piègeraient alors les inclusions toujours par la périphérie. Attention, le piège de la résine antique souvent conceptualisé dans une forêt -que l'on imagine selon notre modèle connu- peut aussi fonctionner sous l'eau en replissant par le dessus ou par le dessous des cavités submergées où vivent des organismes aquatiques ! Le piège peut fonctionner par les racines immergées dans toutes les directions !!!! La représentation intellectuelle abstraite du seul piège aérien de l'ambre comme un modèle attrape mouche collant (actualisme oblige) est une méprise sévère !
Je me suis heurté à des personnes (TRES connues) qui n'avaient jamais imaginé la possibilité d'un piège fonctionnant dans l'eau, sous l'eau, dans les profondeurs d'un sol immergé (ou non), par la diffusion des racines. Un animal enfouis dans le sol peut être piégé dans la résine lors d'évènements survenant par des racines ! Le modèle du piégeage de l'ambre est surprenant ! Un animal sommeillent ou en diapause dans une cavité (fut-elle inondée ou pas) peut être plaqué contre une oléorésine végétale. Je dis bien OLEOrésine car, l'OLEOrésine, c'est ce qui est vivant !!!!! L'oléorésine possède donc des propriétés différentes de celle des résines !!!! Je ne m'étends pas d'avantage sur les propriétés des matières ni sur le mécanisme des piégeages possibles, mais attention, en affirmant le seul piège aérien de l'effet attrape mouche vous limitez beaucoup votre champs d'investigation. ATTENTION aux théories intellectuelles qui réduisent la réalité !!!!!! Les fossiles sont là (et seront) là pour vous le rappeler, les théories ne sont jamais la réalité du modèle.




- Autre correspondance pour commenter l'inclusion "proto"-plume...


La question est posée avec insistance de savoir comment les auteurs peuvent certifier les plumes, dont celles du type proto peuvent vraiment être confondues avec tellement d'autres inclusions organiques...


Parfois, il n'est pas possible d'obtenir des certitudes, et de ce fait, on utilise la méthode la plus appropriée pour approcher de la vérité. Lorsque seul l'examen visuel permet d'apporter des réponses, on se base sur ce fait (sans oublier de le mentionner). Pour autant, il faut toujours donner la part d'incertitude dans le résultat (et dans notre cas de figure, il faudrait toujours parler au conditionnel, tant les méthodes scientifiques sont évasives voire absentes). Si visuellement, nous avons à faire à une plume, il faut alors parler de théorie probable, mais jamais de certitudes ou de faits. De trop nombreuses dérives plombent les sciences, et aboutissent à des débats idéologiques (mais pas scientifiques!!!). Il n'y a pas pire que les certitudes basées sur des probabilités pour faire avancer une science. La question aujourd'hui n'est pas de savoir comment tel ou tel auteur a levé une incertitude sans en préciser le moyen, mais plutôt de mettre en place une nouvelle méthodologie qui permet enfin, après des centaines d'examens, 'approcher de la vérité. L'approche photographique est séduisante, mais elle doit se contenter d'être un système d'archives qui permettra par la suite, grâce à d'autres méthodologies, d'enfin tirer des conclusions.
JexSavoie.


Eric G. : Pour l'ensemble des quinze plumes crétacées étudiées, (voir ici ) pour les proto-plumes de l'ambre, l'indentification a été visuelle. Et, dans les textes cela se traduit par "The Identification of the feather was based on conformation of the barbs attached at the base of the feather,..."
L'examen des inclusions a été rigoureusement visuel, aussi pour les proto-plumes de l'ambre il faut alors parler de théorie probable, sans certitude.




- Autre correspondance pour commenter l'inclusion "proto"-plume...


Pour moi, c'est une plume, en faisant un agrandissement sur les extrémités des barbes, on remarque qu'ils se prolongent finement (certes c'est difficile à voir) ce qui fait vraiment penser à une plume de dinosaure...
Vari.



Eric G. : Il est amusant, -attention ce n'est pas une critique-, de constater comment l'esprit focalisé d'un spécialiste est (souvent) enclin à refuser (d'emblée) ce qui est nouveau, surprenant et en dehors de la norme! Inconsciemment, le professionnel d'un domaine souhaite, (sans doute pour se rassurer sur la solidité des frontières de son domaine), trouver la référence moyenne répétitive la plus conventionnelle qui confortera la fixité d'une référence standard. Le spécialiste affectionne surtout la redondance académique qui confirme le modèle pré-établi. La littérature (qu'elle soit paléontologique, de l'ambre ou pas) abonde d'exemples où la réalité d'un petit sujet insolite (un petit "grain de sable") vient déranger l'ordre du modèle dogmatique. Les fossiles de l'ambre, surtout par la précision des détails conservés, sont alors SURTOUT très intéressants. Certaines morphologies, (non conventionnelles), dérangent parfois les séries graduelles (celle alors anticipées) qui dessinent une évolution qui devait être prévisible... Evitons la digression, mais, souvenons nous de ces dessins de spécialistes qui nous présentaient (avec autorité et certitude !) les prévisions paléontologiques d'insectes à découvrir.
C'est surtout en explorant les références limites que l'on peut trouver un effet de levier formidable pour sonder -dans toutes les directions-, en une seule fois, un domaine de recherche.
La première réponse de Vari, si j'ai bonne mémoire disait ceci :
"Je découvre votre image, et, je me permets un commentaire. L'objet inclus dans l'ambre charentais une "proto"plume ? ????? Soit je lâche ma bouteille et j'ouvre grand les yeux, soit, la photo est extrêmement floue... L'inclusion présentée ici n'est pas une 'protoplume' !"
Et, Vari d'écrire maintenant :
" Pour moi, c'est une plume, en faisant un agrandissement sur les extrémités des barbes, on remarque qu'ils se prolongent finement ce qui fait vraiment penser à une plume de dinosaure..."
Je trouve intéressant la progression, le cheminement des interprétations. L'étude de l'approche a autant d'importance que l'inclusion elle-même.
La proto-plume, présentée ici dans cette page du site Internet Ambre.jaune, n'est qu'un petit grain de sable dans les rouages d'un modèle. La proto-plume n'est qu'une inclusion parmi tant d'autres qui, regardée suffisamment, (oui, derrière la petite loupe), ouvre l'esprit et dérange forcément l'ordre imposé des choses..




- Complément d'information pour suivre l'étude de l'inclusion "proto"-plume...



Eric G. : L'image de l'inclusion (ci-dessous), présentée au public en 1997 et commentée oralement comme portion végétale, (puis aussi vite oubliée de la science par les auteurs) semble être une portion animale. L'inclusion étrange d'un ambre d'âge aptien, restitue des portions d'un épiderme étrange formé de petits kystes réguliers surmontés d'une ouverture circulaire. Cette inclusion pourrait-elle avoir porté des téguments (ici détachés) comme des proto - plumes ?
Oui, les spécialistes évoqueront les lézards Autarchoglossa dont la peau est parsemée de petites pointes. Mais, non, l'épiderme ici ne semble pas être celui d'un lézard antique pour plusieurs raisons... Alors, est-ce la peau d'un progénote des oiseaux ? L'attribution systématique est discutée en fonction des fossiles homologues de l'ambre (restes squelettiques de vertébrés et également proto-plumes référencées aussi dans l'ambre).




Eric G. : L'inclusion photographiée ci-dessus (ambre d'âge aptien - néocomien), montre des petites protubérances, des cônes situés dans un même plan, assez réguliers, surmontés d'une ouverture ronde. L'image de l'inclusion -présentée en conférence en 1997 comme une structure végétale-, me fait penser (c'est une image) à des sortes de petits kystes folliculaires d'où pousseraient (en dessous du derme causant ainsi un gros amas de peau) des sortes de "gros poils ou plumes avortées". On pourrait facilement imaginer, sortir de ces cavités, des gros poils rigides ! Oui,... pourquoi ne pas imaginer des rachis ou des calamus ? Pourquoi ne pas imaginer des tiges de proto-plumes ? Cette sorte d'épiderme surprenant (qui n'a rien de l'inclusion végétale) est l'objet typique, idéal, (qui théoriquement) pourrait supporter des proto-plumes ! L'idée initiale des proto-étranges plumes m'est venu à l'esprit, en 1997, lors de la présentation en conférence de ces inclusions étranges de l'ambre aptien.
Sauf erreur, peu de personne (pour ne pas dire personne) n'a jamais présenté d'inclusions de l'ambre dans cette hypothèse (certes hardie) mais, malgré tout intéressante d'être une sorte de support possible aux proto-plumes ! J'ai donné ici dans cette autre page du site Ambre.jaune la bibliographie actuelle mondiale des proto plumes crétacé de l'ambre, et, sauf si je me trompe, personne n'a suggéré un quelconque support, une matrice, qui pourrait porter des proto-plumes.



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